C'est tout à fait intéressant, ça, Xavier.
Donc résumons-nous :
Vous me reconnaissez la cohérence d'un choix clair, soit celui de suivre la FSSPX (remarquez, après avoir "essayé" en toute bonne foi la voie Ecclesia Dei pendant dix ans).
En revanche vous dites la Pieuse Union dans une voie ambiguë, un non-choix. Et je comprends bien que vous lui reprochez de ne pas rejoindre la FSSPX (comme vous l'avez dit plus haut).
Or ce n'est pas si simple. Du point de vue de la Pieuse Union, il devrait être possible (ces fidèles-là y croient encore) de vivre en relative paix sous la clémence accordée par le Pape en 88, en ce qui concerne le rit dit de s. Pie V. Or il semble que non...
Ils représentent un non-choix..., dites-vous?
D'un certain point de vue, en effet.
D'un autre côté, on peut comprendre que le fait de vivre en paix ET avec la Tradition catholique ET avec l'autorité légitime puisse (doive) être défendu comme un bien désirable et que cela constitue un vrai choix. Pour ma part je comprends cette attache et je crois même qu'il faut affirmer qu'elle est même en soi respectable et nécessaire à tout catholique ! Cependant elle est de fait invivable: expérience faite, j'ai dû y renoncer, en la situation, à cette espérance en raison d'une impossibilité de fait. Mais c'est une observation pratique qui me l'a dictée, non un principe que l'on peut choisir a priori (tout comme la situation légitimée par "un état de nécessité" est appuyée sur un état de fait, non une hypothèse purement théorique...) Comme quoi, le choix simple et clair, suppose une certaine analyse de la réalité.
De fait c'est certainement sur l'analyse de cette réalité que la Pieuse Union et un fidèle FSSPX (pour faire vite) peuvent diverger, NON PAS sur les principes à défendre et "le choix" (la messe, l'œcuménisme, la liberté religieuse etc...) Là est la grande nuance. Donc, non pas un non-choix, mais des choix identiques, avec une analyse différente de la réalité ecclésiale.
En revanche, et pour pousser plus loin que la Pieuse Union votre argument (et partant votre mépris, que je continue de dire injuste) qu'en est-il d'un clergé qui érige une société pour répondre à la volonté exclusive de célébrer en ancien rit... et qui, dix ans plus tard, demande (par un recours de faction) l'obligation pour ses membres de reconnaître la bonté du nouveau rit, et au besoin de le célébrer - ET QUI L'OBTIENT!!!
Là je ne comprends plus. Pourquoi donc cette société cléricale n'adopte-t-elle pas bravement le NOM (puisqu'il est "orthodoxe") en axant son apostolat sur la Foi, le Magistèr etc. et ne cesse-t-elle pas purement et simplement de nourrir de mauvaises querelles à propos du rit, s'il n'y a pas à cela une raison décisive?
C'est là (chez un nombre certain de prêtres de la FSSP - qui ne sont pas tous !!!, ni chez leurs fidèles qui ont déjà quitté leur paroisse) qu'il y a un non-choix, une voie ambigüe - et, partant, une duplicité dans l'agir qui rend concrètement la vie en paroisse insupportable (on joue à chache-cache, on grognote sur le rite, on écrit à son évêque ou son Cardinal contre ses confrères...) et qui énerve tout le monde... le Cal Hoyos en premier.
Ma question: Si, selon vous, la Pieuse Union est "ambiguë", que diriez-vous de la Fraternité Saint Pierre? - et quel mépris lui vouez-vous?
In Christo
Bertrand Décaillet