Tout d'abord, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue et laissez-moi vous féliciter pour le soin que vous apportez à la rédaction de vos messages.
Cependant, et ce ne sera pas une surprise pour certains, j'ai quelques difficultés à souscrire à certains de vos assertions:
Regardez donc le Cantique des trois Enfants dans le Livre de Daniel ou encore l'histoire de Job. Malgré les difficultés et les souffrances ils continuent à chanter la gloire de Dieu. C'est cela qui va les sauver ! Mieux, leur espérance soutenue dans le Seigneur va permettre de leur révéler un dessein d'amour Mystérieux qu'ils ne pouvaient percevoir quand ils enduraient des souffrances.
Vous assimilez l'espérance des enfants du cantique de Daniel et les prophète de bonheur d'aujourd'hui, qui sont pourtant bien distincts, voire opposés:
- les enfants chantent les louanges de Dieu et leur espérance de se trouver un jour au Paradis. Ils ne prophétisent aucun bonheur terrestre.
- à l'opposé, les "
prophètes de bonheur" que vous nous enjoignez à suivre nous promettent "
ne vous inquiétez pas, tout ira bien" ce qui est une erreur monumentale. De plus, ils rêvent tellement de la paix terrestre qu'ils en oublient, à la longue, que le seul but valable est le Ciel, et que
le Ciel se mérite, le plus souvent par la souffrance et des sacrifices qui sont, le plus souvent, annoncés par les "
prophètes de malheur".
Ainsi, l'espérance du Ciel des enfants dans la fournaise n'a absolument rien en commun avec le rêve de bonheur terrestre illusoire que vous attribuez (fort justement, je pense) à SS Jean XXIII
Le Pape est bien conscient des difficultés qui s'annonçaient déjà : crise des vocations (oui, les vocations n'ont pas commencé à chuter en 1962 quoiqu'on en dise), crise de la foi dans les pays occidentaux qui s'amorçait (elle était déjà bien en germe !) et difficulté d'annoncer l'évangile dans une société en proie à de grands changements. Aussi face aux craintes légitimes des uns et des autres, Jean XXIII nous dit de garder confiance dans notre Seigneur qui dispose toujours avec sagesse les événements, même ceux qui paraissent contraires.
Jeanne d'Arc disait: "
les soldats combattront et Dieu donnera la victoire"
Les armes de l'Église pour défendre la vérité sont la définitions de dogmes et la condamnation des erreurs. Or je ne vois pas, depuis SS Jean XXIII, l'église très combattive sur ces deux points... il me semble même que l'esprit du concile Vatican II était de s'en abstenir!
Regardez dans Job, le malheureux est accablé par la perte de toute sa famille, de maladies et autres souffrances si bien que d'aucuns lui disent "mais où est passé ton Dieu ?", "tu dois le renier". Pourtant malgré ces "prophètes de malheur" qui ne lui annoncent que la finalité du désespoir, Job reste fidèle dans l'attente d'une espérance eschatologique qui va être confirmée dans ce Livre.
Vous faites un contresens sur le terme "
prophète de malheur" au sens chrétien du terme: le prophète de malheur annonce effectivement un malheur qui n'est, en général qu'une sanction divine pour l'errement des hommes, ou l'occasion de mériter le ciel par quelques sacrifices.
Ceux que vous appelez "prophètes de malheur" dans ce cas ne prophétisent rien...