où vous l'aviez traduit, mais en consultant les archives du Forum, j'ai lu ceci, réponse de Bertrand Decaillet à Athanase (message 6917)
- à noter que le 5659 présente les "Ordonnances concernant les pouvoirs et facultés dont jouissent les membres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X", promulguées en 1997 par Mgr Bernard Fellay, suivies de cette remarque de Monsieur Raoult Arnaud "La question n'est pas de savoir si les mariages ou les confessions de la FSSPX sont valides ... c'est un autre débat ... qui nécessite l'avis de l'autorité supérieure et pas d'une expert local ... le débat ici est de savoir si la FSSPX peut annuler des mariages et instituer des tribunaux canoniques qui remplacent les tribunaux officiels".
Ce en quoi il s'écarte de la question à laquelle vous répondiez dans votre message (24078), sans toutefois en être totalement distinct.
Voici donc l'explication de M. Decaillet :
"Prenons-y bien garde, ce n’est pas parce que la FSSPX n’exerce pas de juridiction, qu’elle prétend ne pas être schismatique, mais au contraire parce qu’elle prétend recevoir cette juridiction, selon les termes même du droit canon, non de l’autorité (déficiente) mais de la « nécessité », qu’elle n’est pas schismatique ! Elle exerce donc bel et bien une juridiction de droit, dans la mesure de la nécessité ! De plus cet « état de nécessité » non seulement est reconnu tel pour justifier, a posteriori, certaines pratiques, mais il est la raison d’être même de toute son histoire ! Ainsi ses prêtres marient, confessent, prêchent… sans la juridiction de l’autorité compétente, mais en ayant tout de même la juridiction de la Sainte Eglise pour le faire !!! et la nuance est de taille !
Un peu facile, me direz-vous. Oui, mais c’est au droit canon qu’il faudrait le reprocher, qui prévoit le cas de figure ; ou alors à Notre-Seigneur lui-même : « l’homme n’est pas fait pour le sabbat, mais le sabbat pour l’homme », ou plus explicitement pour notre cas : le salut n’est pas ordonné à la juridiction, mais la juridiction au salut.
En revanche vous avez parfaitement raison lorsque vous dites : « mais ce n'est pas la certitude de n'importe qui, quelle que soit sa compétence: la sentence est prononcée au nom de Dieu par des juges qui ont juridiction pour cela. »
C’est exactement pour cela que, dans la logique qui est la sienne, la FSSPX n’a, en effet, tout simplement pas le droit de renvoyer les fidèles à leurs propres consciences… en des matières si graves pour le salut ; elle ne peut pas non plus les renvoyer purement et simplement à l’autorité (qui donne des signes objectifs de carences graves sur le plan, justement, de l’interprétation de la valeur du sacrement, ou l’interprète de manière aléatoire : tel diocèse oui, tel autre non…etc. etc. – bien sûr il faudrait développer…).
Non seulement la FSSPX, dans sa cohérence, a le droit de mettre en place des structures qui permettent de suppléer aux besoins des âmes, mais elle en a même le devoir grave, dans la stricte mesure de cette nécessité. Au-delà donc d’une Autorité (quelle qu’elle soit) qui méprise (explicitement ou implicitement, peu importe) son devoir en la matière, le simple prêtre, autant qu’il en a le POUVOIR (sacerdoce), reçoit de facto par l’Eglise le DROIT de répondre au besoin VITAL des âmes (et ne faites pas dire - avec la désinformation systématique de certains - ce que je n'ai pas dit.
Aussi il n’est pas très sérieux et même assez grossier de se servir justement des ces « instances de jugements » reposant sur un état de nécessité avoué tel (et ceci est très important !), pour conclure à une intention schismatique. Car alors on met la prémisse avant la conclusion. Non, c’est exactement le contraire qui est vrai : si elle ne le faisait pas, elle serait incohérente, et on pourrait craindre que son intention ne soit pas «la Foi et le Salut des âmes», mais un certain opportunisme historique – ce que les dernières tractations avec Rome on très clairement démenti… contrairement à la FSSP, par exemple (ceci dit en toute bienveillance), dont la crise repose exactement sur ce malentendu quant à leur raison d’être: alternative ou nécessité ? Pour la FSSPX en revanche c’est très claire : nécessité ! On peut en nier la réalité, il n’empêche qu’on ne peut en écarter l’argument, ou l’ignorer, sans être malhonnête.
On y revient toujours : la vraie question, la question décisive et qui permet de comprendre (si on le souhaite) la FSSPX, ce n’est pas d’abord « l’obéissance », mais « la Fidélité » qui NECESSITE la réaction que l’on sait, et pour laquelle, personnellement, je chante le plus enthousiaste DEO GRATIAS !
In Christo
Bertrand Décaillet"
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