sans doute, qu'on la boucle devant les titres du cardinal Poupard et son interprétation "officielle" de la célèbre homélie du 29 juin 1972. Je ne pense pas que le cardinal en question jouisse d'une quelquonque infaillibilité en la matière; et l'on peut, en toute humilité sur ce Forum, être d'un tout autre avis que S.E.
Selon ce cardinal, “la fumée” n’était qu’une sorte d’image, de métaphore. Le concile VII fut un concile merveilleux. La hiérarchie le répète depuis quarante ans. Si le renouveau ne s’est pas produit c’est parce qu’en même temps s’affirmait « une contestation radicale de tout ». Le discours du Concile était merveilleusement adapté aux circonstances mais, hélas, « une double poussée » réduit tout, ou presque, à néant.
A lire l’homélie de Paul VI en entier, on voit que le Pape ne fait pas de métaphores : il parle bel et bien de l’antique Adversaire qui par quelque fissure s’est engouffré dans le Temple de Dieu.
“Come è avvenuto questo? Il Papa confida ai presenti un suo pensiero: che ci sia stato l’intervento di un potere avverso. Il suo nome è il diavolo, questo misterioso essere cui si fa allusione anche nella Lettera di S. Pietro. Tante volte, d’altra parte, nel Vangelo, sulle labbra stesse di Cristo, ritorna la menzione di questo nemico degli uomini. «Crediamo - osserva il Santo Padre - in qualcosa di preternaturale venuto nel mondo proprio per turbare, per soffocare i frutti del Concilio Ecumenico, e per impedire che la Chiesa prorompesse nell’inno della gioia di aver riavuto in pienezza la coscienza di sé.”
Ce sont les mots du Pape. Il y est question à l'évidence de quelque chose de plus que du simple "constat, par Paul VI, d’un esprit de soupçon par rapport au pouvoir du Pape dans l’ambience générale du rejet de l’autorité".
Personne ne soutient que SS a en tiré les conséquences qu’en a tiré Mgr Lefebvre. Mais le Pape a vu à l’œuvre « cet être mystérieux dont parle saint Pierre » et, avec une grande honnêteté intellectuelle, il l’a dit. Ce n’est pas peu de l’avoir vu. C’est même beaucoup de l’avoir dit.
Les « tradis » ne le trahissent nullement quand il le citent. Ils en tirent seulement d’autres conséquences et dressent un bien autre bilan de VII.
Il est d’ailleurs curieux de constater que dans la citation que vous faites du cardinal Poupard, il aboutit par avouer, en quelque sorte, l’échec du Concile, au moins dans l’immédiat : « La visée fondamentale de Vatican II était recouverte et comme occultée par la culture dominante ».
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