| Auteur : dominique |
| Sujet : Re : Expliquez-moi |
| Date : 2003-03-27 11:02:38 |
" Si A survient sur lambda lequel subit quelque chose appelée B, dans ces conditions A: 1° n'a-t-il rien à voir jamais avec B; 2° peut ne rien avoir de rapport avec B; 3° peut avoir, mais pas forcément, un rapport avec B. "
La réponse est 3°, évidemment. Mais justement ce que je consteste c'est 4° "B est focément une conséqueence de A".
"Dans le cas de Vatican II vous soutenez donc que ce Concile n'explique rien dans la crise de l'Eglise mais qu'ils concommitants mais indépendants. "
Non. Je soutiens que les effets du Concile sont à la fois limités et complexes mais difficiles à évaluer; que tout dans la crise de l'Eglise n'est pas dû au Concile; que le Concile a eu aussi des efets positifs.
"Dans ce cas le Concile était-il opportun? "
oui.
" ourquoi les Eglises à la pointe théologique du concile se sont-elles plus vite désagrégées que les autres (la Belgique en particulier ou encore qu'est devenue la succession des P. Congar et Chenu?)"
Je ne sais que répondre à ça... la peuple catholique de l'Eglise de France est actuellement plus fidèle au pape que le peuple catholique en Allemagne, en Autriche ou en Suisse...
"Ne pensez-vous pas que la perte des règles strictes du carême a désacralisé celui-ci pour le réduire à presque rien"
Je pense que le carême est victime, comme toute les institutions, catholiques ou non, du mouvement croissant d'individualisme dans notre société. Ceci est sans doute inquiétant ; mais ne me semble pas en germe, si vous les relisez, dans les textes du Concile.
" que la communion fréquente et la raréfaction des confessions ont participé à ctte même perte de la sacralité de ces actes, or le banal devient insignifiant et conduit à la perte de la pratique puiqu'il n'y a plus le symbole qui ouvre sur le mystère de la transcendance. "
Là il y a une vraie question. A deux niveaux de "sacré" à mon sens : - d'abord, pour moi, la vie chrétienne ne consiste pas à délimiter une part de sacré au milieu d'un océan de profane : elle consiste à rendre (dans la mesure de nos forces et de la grâce) toute sa vie conforme au don sacré qui nous est fait par Dieu, en particulier dans l'eucharistie. Ceci comprend pour moi ces deux maximes ignatiennes : "en toutes choses, aimer et servir"; "chercher et trouvcer Dieu en toutes choses". - cependant, je ne suis pas pour la suppression des rites ! c'est justement parce que notre vie n'est pas encore conforme à la grâce qui nous est faite qu'il faut des moments où nous laissons Dieu se rendre présent (les célébrations liturgiques et par dessus tout la célébration de l'eucharistie), pour que toute notre vie devienne conforme à ce que nous recevons. - parce que nous croyons que ces célébrations liturgiques sont des moments où la grâce de Dieu se donne, il faut effectivement les célébrer d'une manière digne; et, si je ne suis pas nostalgique des fastes liturgiques d'un temps que je n'ai pas connu (je suis né en 1973), je considère qu'il faut effectivement, comme dit quelque part la nouvelle IGMR, "une digne simplicité" dans la célébration des rites; de ce point de vue, je suis d'accord avec vous que beaucoup d'excès ont été commis. J'ai le sentiment que ça se calme un peu.
"N'a-t-on pas voulu une Eglise pour une élite de croyants qui avait intellectualisé sa foi et laissés les charbonniers encombrés avec leur foi de simple sur le bord de la route de l'indifférence."
Vous décrivez là une époque que je n'ai pas connue. Mais je veux bien croire que certains ont voulu cela. Mais pas tous ! Il me semble qu'il y a ici une grande différence entre un de Lubac, profondément catholique, et d'ailleurs toujours obéissant à l'Eglise, et un Hans Küng cherchant à déconstruite la foi jusqu'à être en limite de l'apostasie, quitte à ce que le bon peuple s'y perde.
"Voilà ce que je repproche à ce Concile la perte du mystère, non pas de ce qu'on ne comprend pas mais de ce qu'on finit jamais de comprendre. On a tout asseéché en voulant tout rationnalisé et désacralisé pour être admis du monde"
Je comprends que vous reprochiez cela à l'Eglise. On a vu des célébrations ineptes, un peuple à qui on apprenait que ce qu'il avait toujours fait (rosaire...) n'avait pas de valeur, et quelques théologiens qui perdaient la foi et voulaient entraîner le peuple derrière eux. Mais, si vous avez vécu l'époque du Concile, si vous relisez les textes du Concile lui-même, en particulier la constitution sur la révélation et la constitution sur l'Eglise, y trouvez vous les germes de ces désordres ? et où ?
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