Dans l'introduction à "La foi catholique" (recueil de textes du magistère, désolé je ne me souviens pas du titre complet) :
Gardant la parole de Dieu écrite et transmise, gardé par elle, le Magistère la promulgue et l'explicite. Cette promulgation peut se faire de diverses manières qui conféreront une valeur dogmatique différente aux documents qu'il publie. Il peut s'exprimer par voie extraordinaire. Les assises solennelles d'un concile oecuménique, organe et manifestation du pouvoir suprême et plénier du collège épiscopal, dans lequel sont rassemblés, au moins moralement, les évêques du monde entier en communion avec le pape, déclarent dans leur définitions ou leurs condamnations infaillibles et irréformables la doctrine révélée. De même quand le Souverain Pontife, exerçant sa charge de pasteur et docteur de tous les chrétiens, parlant ex cathedra, définit, en vertu de son autorité souveraine, qu'une doctrine sur la foi et les moeurs doit être tenue par l'Eglise universelle, le caractère infaillible et irréformable de sa définition impose au croyant la soumission la plus totale. On n'oubliera pas qu'alors, c'est l'Eglise et elle seule, par le Souverain Pontife ou par le concile, qui déclare la volonté qu'elle a de se lier fermement par cette décision. On ne saurait parler de définition infaillible là où elle n'a pas manifesté clairement son intention. Les théologiens appellent ces vérités "de foi définie". Mais il n'est pas toujours possible de réunir un concile oecuménique, ni toujours nécessaire de promulguer solennellement un dogme. Il est fréquent au contraire que le Magistère s'exprime par voie ordinaire. Lorsque les évêques de toutes les Eglises particulières, unis au pape, enseignent unanimement une même doctrine, ils proposent explicitement une vérité révélée, qu'ils ne définissent pas solennellement. Les encycliques des Souverains Pontifes sont également une des manifestations de ce Magistère ordinaire, plus fréquente depuis un siècle dans l'Eglise. L'enseignement commun y est rappelé en face des questions que posent les hommes d'une certaine époque. L'unité de la foi s'y trouve réaffirmée. Elles contiennent parfois aussi des assertions doctrinales, voire des propositions théologiques, en relation étroite avec la foi. Ces vérités sont alors qualifiées de "théologiquement certaines". Est-ce à dire que, dans ce cas, le chrétien peut accorder ou refuser son adhésion? "La plupart du temps, disait Pie XII, ce qui est exposé dans les encycliques appartient déjà d'autre part à la doctrine catholique" (Enc. Humani Generis: AAS 42 (1950) 568). La foi s'impose à l'égard de ces vérités crues depuis toujours dans l'Eglise, et l'assentiment religieux, à l'égard des autres affirmations. Même si ces documents ne jouissent pas, dans toute leur extension, de la garantie de l'infaillibilité, l'assistance de l'Esprit saint est pour le fidèle un motif de les suivre et de ne pas adopter ou approuver des prises de position qui leur seraient contraires. Pour les Actes des Congrégations romaines, ils engagent de manière variable l'autorité pontificale, selon l'approbation plus ou moins formelle qui leur a été donnée. Leur acceptation n'empêche pas que ces décisions soient réformables et sujettes à révision.
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