Ce qui est entre guillemets sont les citations (parfois avec des points de suspension entre crochets pour indiquer des sautes dans la citation) et trois étoiles avant le commentaire. "Le cœur de la querelle est donc quelque chose de clair et de simple. Il n’intéresse personne." *** Ah bon ? Ca n'intéresse personne ? C'est bien, les statistiques, mais ce n'est pas une science exacte...
"En effet, tous les échos que j’ai pu avoir sont beaucoup plus passionnels, car ils concernent la périphérie de la querelle ; non plus une affaire de théologie mais d’opinion, d’étiquettes, de calomnies, de médisances, de présomption, de dissimulation, etc. Bien entendu, ce que l’on m’a rapporté de la querelle ressortit presque uniquement à cette seconde catégorie. Ce serait les « anciens » contre les « modernes », la gauche contre la droite, les Armagnacs contre les Bourguignons, les progros contre les tradis, les destructeurs contre les conservateurs, etc. on peut varier la liste indéfiniment. Les gens se passionnent donc, et prennent parti, non pas en fonction d’arguments théologiques qu’ils ignorent et qui les dépasseraient mais selon des catégories plus ou moins politiques ; ils transfèrent donc dans cette querelle certaines de leur propres aspirations, on pourrait donc en finir avec (au choix) le Pater chanté par tous ou les chasubles gallicanes, etc. Le modèle le plus célèbre de querelle à deux visages chez les tradis a été la condamnation de l’Action Française par Pie XI." **** Là, je crois que ça commence très mal. L'affaire de la lettre des 16 ne serait que le déferlement des rancoeurs trop longtemps contenues, des maurassiens s'opposant aux modernistes qui les ont condamné, des ritualistes se battant contre la perte de certains rituels. Et les gens ignoreraient les arguments théologiques qu'ils ne connaîtraient pas, bien entendu, et se battraient pour du superficiel, pour leur protégé ou contre ceux qu'ils haïssent. Bref, avec le coeur et non avec la raison. C'est résumé en un rien de temps.... "Suite à cela le message des seize prêtres est rendu public, les laïcs s’en mêlent, d’autres jettent de l’huile sur le feu (le P. Gérentet, Una Voce toujours aussi peu diplomate, Arnaud de Lassus, toujours aussi partisan), on se traite de félons, l’abbé Aulagnier distribue les bons points, trop heureux de récupérer enfin quelque chose à son profit et la Charité se retrouve dans le fossé. " **** Vous ne jetez pas de l'huile sur le feu, vous aussi ?
"Actuellement, des laïcs montent association sur association, proclament que la tradition (entendez le missel de 62) est en danger, créent trois ou quatre sites web qui pointent les uns sur les autres, font (ne riez pas) des réunions d’information hebdomadaires, le reste à l’avenant." *** Il y aurait effectivement des réunions d'(in)formations que ça ne serait pas un mal. "Ca, c’est le hic liturgique. Non seulement on ne veut pas adapter, mais on veut revenir sur les adaptations concédées (sans doute surtout le Pater chanté par tous.) [...] Dans l’esprit du Concile, en effet, et dans l’esprit liturgique contemporain, la concélébration est une façon de renforcer la hiérarchie manifestée dans la liturgie. C’est donc l’évêque qui préside.[...] De fait, la position « tout comme en 62 » est parallèle et marginale puisqu’il a été explicitement demandé par le Cal Ratzinger, pourtant peu suspect de progressisme, de voir même les livres de 62 dans l’esprit de 65 ! Ceci ne se tient que parce que 65 est derrière nous, et que nous sommes soumis aux « conséquences » du Concile, même malgré nos particularités rituelles. *** Trois choses : 1. Le Pater n'a été rendu obligatoire que par Paul VI. Donc postérieurement à 1962. Il est autorisé depuis Pie XII, et c'est le prêtre qui choisit ou non de le faire chanter. Mais il n'y est pas obligé. 2. La concélébration renforce la hiérarchie. Je pense bien au contraire que non. D'abord, en dehors du Jeudi saint, 3 prêtres concélébrant ne remplissent (aujourd'hui, depuis 1969) pas les fonctions de diacre et sous-diacre ; et le Jeudi saint, avec l'évêque, non plus. 3. Le cardinal Ratzinger peu suspect de progressisme. Je dirai plutôt, "peu suspect de traditionalisme excessif" vu les nombreuses déclarations qu'il a pu faire sur l'oecuménisme et sur la repentance.
"Argument qui fait mouche : l’inhospitalité liturgique du séminaire. Et l’on peut imaginer que les « professeurs de passage » célèbrent en latin ! A *** (une communauté Ecclesia Dei qu'il ne m'importe pas de nommer, Nd2002), j'ai constaté qu'on servait tout ce qui passait, même si c’était farfelu, y compris les rites orientaux. J’ai ainsi pu voir trois prêtres de Besançon concélébrer à voix basse en français dans une chapelle de la crypte. Je ne l’ai d’ailleurs vu qu’une fois. J’ai aussi servi moi-même la messe en français d’un prêtre roumain - donc de rit oriental, qui m’a prié de faire la lecture (a voix basse). Pendant la lecture, le prêtre était assis sur une chaise posée sur le marchepied de l’autel. Rien de classique, donc ! (Et une expérience unique de "messe basse orthodoxe", si ça se trouve!!! Nd2002) J’imagine qu’un refus de servir de ma part aurait été totalement déplacé et aurait déplu au [supérieur de la communauté]." **** Si la messe était en français, ce n'était pas en rite oriental, mais en rite réformé après 1969. Et si c'était une "messe orthodoxe", vous n'aviez pas à la servir. "« b) Largement admis il y a quelques années, le chant du Pater par l’assemblée doit maintenant être strictement interdit : malgré sa demande explicite, Mgr. Guillaume, évêque de Saint-Dié, en fit la triste expérience lors du dernier pèlerinage de Chartres. » Encore un exemple frappant : la société de prêtres qui impose son vouloir à un évêque. Comment ne pas être choqué ?" ******* Idem qu'au dessus pour le Pater. C'est au célébrant de décider. "« Certains membres de la Fraternité ayant concélébré ont été sanctionnés ; pour éviter ce désagrément et ne pas être atteints par l’opprobre de leur confrères, d’autres se voient dans l’obligation de cacher cet acte " répréhensible ". Avant la tonsure, les candidats doivent désormais s’engager à ne pas concélébrer sous peine d’exclusion. » C’est de l’illégalité pure et simple : des choix contraires au rite qu’utilise toute l’Eglise latine sont imposés aux séminaristes. De fait, on ne saurait interdire l’usage du rit de 69 à quiconque est de rite latin ; c’est le rite ordinaire de l’eglise latine, c’est dire que celui de 69 et celui de 62 ne sont pas sur un pied d’égalité. En particulier, contrairement à ce que pensait Mgr Gamber, il ne s’agit pas de deux rites différents qui pourraient coexister ; c’est un seul rite à des étapes différentes de son existence, les deux livres qui le contiennent s’appellent tous deux Missale romanum. La preuve de tout ceci est dans le livre de dom Oury (la messe de St Pie V à Paul VI) qui détruit les assertions de Louis Salleron, entre autres. Le rit de 62 n’est donc pas un rit qui a autant de droits que les autres, c’est une ancienne forme qui existe encore par exception, c’est à dire dans un cadre bien précis. L’un des avantages de cette querelle est d’avoir clarifié ce cadre.[...]L’interdiction de concélébrer va donc contre les règles liturgiques latines, et aucun supérieur de séminaire ne peut édicter de telles lois." *** C'est faux, le rit de 1962 est un rit, le rite de 1969 en est un autre. Dom Oury est peut être très bien, mais il n'arrive pas à la hauteur intellectuelle de Louis Salleron. Et par ailleurs, Mgr Gamber est, me semble-t-il, supérieur à Dom Oury. Et, en 1962, la concélébration étant limitée au Jeudi Saint, et encore d'une manière bien précise, il est tout à fait légitime qu'un supérieur de séminaire qui vit selon le rite en vigueur en 1962 interdise la concélébration. "« c) Elles sont plutôt psychologiques, voire sociologiques, et à ce titre incontrôlables, comme le révèle l’exacerbation croissante des tensions. » Comprenons : les maurrassiens, les lefevristes ne sont ni morts ni repentis ; voilà qu’ils commencent à prendre de la graine. Ce n’est peut-être pas vrai mais c’est comme cela que Rome l’a sans doute compris. Ajoutons que c’est hautement vraisemblable. *** Elle est quand même pas mauvaise celle-là : des maurassiens et des lefebvristes, voilà ce qui compose la FSSP. Pourquoi pas non plus des nostalgico-réactionnaires, espérant au retour de Vichy ? "« Concrètement, la méfiance permanente envers les structures et les hommes d’Eglise s’accompagne d’un archéologisme pointilleux, qui puise sans cesse, dans des livres anciens étrangement interprétés, la matière à des pratiques liturgiques souvent dé-suettes et peu esthétiques. » Très probable là encore. Je ne fais que penser aux chasubles, et à la fidélité maladive au Starcky. Burettes baisées, voile du calice retourné dont-on-ne-doit-pas-voir-l’envers, inclinations au gloria, etc, etc. sans compter les mouvements des enfants de chœur, etc." ***** Vous devriez vous renseigner un peu plus sur le rituel et sur le "ritualisme". Par exemple, les inclinations au Gloria ont leurs raisons d'être.
Pierre |