| Auteur : Nelly Achlaw |
| Sujet : Les embrouilles de la FSSP - 1 : la lettre des seize |
| Date : 2002-09-07 19:20:37 |
Mue par l'imitation de NS, qui était venu porter le feu sur terre (et non pas "mettre le feu" , je souhaite y ajouter un peu d'essence, dans un esprit de corédemption et de joyeuse baston. Ahem.
A la demande générale de Xavier Arnaud, voici donc la première partie d'un gros texte écrit il y a deux ans, en février et Mars 2000, alors que la guerre des Seize faisait rage. C'est un peu daté désormais; mais la méchanceté et le ton Nellyque de ce texte restant intacts, je pense qu'on peut encore bien s'amuser aujourd'hui avec.
De temps à autres, vous y trouverez des choses pas idiotes, en plus.
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Les embrouilles de la Fraternité St Pierre.
Pour résumer, c’est une querelle des anciens et des modernes ; A. est dans le camp des anciens, C. dans celui des modernes et la pauvre N. écoute les uns et les autres avec une préférence secrète pour les modernes. Force m’est de constater que j’ai rendu compte (dans un texte précédent, pas publié ici, note de NA-2002) des bords de la querelle et non de son cœur. Il faut en déduire que, comme bien des disputailleries dans ce milieu, l’affaire présente un double visage. Il y a tout d’abord la lettre de la querelle, celle sur laquelle on échange des arguments raisonnés, vérifiables. Cette lettre est d’ordre théologique, la disputatio peut être réglée, soit par un examen des positions des deux camps, soit par l’intervention du magistère. Le cœur de la querelle est donc quelque chose de clair et de simple. Il n’intéresse personne. En effet, tous les échos que j’ai pu avoir sont beaucoup plus passionnels, car ils concernent la périphérie de la querelle ; non plus une affaire de théologie mais d’opinion, d’étiquettes, de calomnies, de médisances, de présomption, de dissimulation, etc. Bien entendu, ce que l’on m’a rapporté de la querelle ressortit presque uniquement à cette seconde catégorie. Ce serait les « anciens » contre les « modernes », la gauche contre la droite, les Armagnacs contre les Bourguignons, les progros contre les tradis, les destructeurs contre les conservateurs, etc. on peut varier la liste indéfiniment. Les gens se passionnent donc, et prennent parti, non pas en fonction d’arguments théologiques qu’ils ignorent et qui les dépasseraient mais selon des catégories plus ou moins politiques ; ils transfèrent donc dans cette querelle certaines de leur propres aspirations, on pourrait donc en finir avec (au choix) le Pater chanté par tous ou les chasubles gallicanes, etc. Le modèle le plus célèbre de querelle à deux visages chez les tradis a été la condamnation de l’Action Française par Pie XI.
Restons-en aux faits pour le moment. L’origine des dissensions dans la Fraternité, peu importe. Cependant, elles prennent de l’importance et le supérieur, l’abbé Bisig, demande et obtient de Rome l’autorisation d’anticiper le chapitre général de la Fraternité, prévu en 2000, à l’été 1999. Comme tous les prêtres n’y participent pas, on procède à l’élection de représentants : la frange « moderne » s’en trouve exclue presque entièrement. Seize prêtres de cette tendance envoient alors une lettre à Rome pour demander l’annulation de cette anticipation, motivent leur demande en exposant des faits graves qui affectent le fonctionnement de la Fraternité, et tout particulièrement du séminaire, dénoncent un commencement de dérive lefevriste et réclament finalement un visiteur apostolique, c’est à dire une inspection de l’institut par Rome, et un gouvernement temporaire par elle institué. Rome entend d’une oreille attentive, semble-t-il, puisque la visite est décidée, le chapitre anticipé annulé, et le supérieur interdit de procéder aux mutations qui ne seraient pas « strictement nécessaires ». En Juillet 99 une réponse officielle à la lettre des seize, signée par le Cardinal Medina Estevez, affirme que les prêtres de la FSSP ont le droit d’utiliser le rit de 69, défend qu’on leur interdise de le faire, et l’ordonne même dans le cas où ces prêtres ne se trouveraient pas dans une communauté tradi. Suite à cela le message des seize prêtres est rendu public, les laïcs s’en mêlent, d’autres jettent de l’huile sur le feu (le P. Gérentet, Una Voce toujours aussi peu diplomate, Arnaud de Lassus, toujours aussi partisan), on se traite de félons, l’abbé Aulagnier distribue les bons points, trop heureux de récupérer enfin quelque chose à son profit et la Charité se retrouve dans le fossé.
Pour finir, le chapitre doit se tenir à Rome, qui décide donc de s’intéresser de près à ce qui se passe dans la Fraternité. On aura au passage eu explications sur explications de la part de la commission Ecclesia Dei – qui répond à des laïcs infichus de comprendre ce qui est écrit dans un texte ; on aura eu aussi des éclaircissements sur la lettre du motu proprio et le statut du rit de 62 dans l’Eglise latine… et on verra un peu tard qu’on ne désirait peut être pas de tels éclaircissements. Actuellement, des laïcs montent association sur association, proclament que la tradition (entendez le missel de 62) est en danger, créent trois ou quatre sites web qui pointent les uns sur les autres, font (ne riez pas) des réunions d’information hebdomadaires, le reste à l’avenant.
Voyons maintenant ces documents de près.
1° la lettre des seize. C’est un morceau fort intéressant. Ce sont donc les seize qui parlent.
« En nous adressant directement à vous, sans passer par l’autorité de notre Supérieur général, nous avons conscience de poser un acte grave, contraire aux habitudes cléricales. »
Il y a comme un goût de coup de force. Mais c’est légal : n’importe qui peut s’adresser directement au Vatican. Dans la congrégation de Solesmes, par exemple, les lettres adressées par les moines au St Siège sont remise scellées au P. Abbé qui n’a pas le droit de les lire. Les propos qui suivront nous proveront ou non si la gravité de la situation justifie un tel acte.
« S. E. le Cardinal Ratzinger précisait, quant à lui : " Le Concile a donné une définition de ce qu’est la liturgie, et cette définition donne un critère valable pour chaque célébration liturgique, [donc : dans le rite nouveau aussi bien que dans le rite de 1962]. Si l’on voulait mépriser ces règles essentielles et si l’on voulait mettre de coté les normae generales qui se trouvent aux numéros 34-36 de la Constitution De Sacra Liturgia, alors là, on violerait l’obéissance envers le Concile ! ". »
C’est le fondement des envies, non pas de réforme, mais d’adaptation. Les seize soulignent qu’il est ici explicitement demandé que le rit de 62 soit mis en harmonie avec les directives du Concile. Ceci ne veut pas dire qu’il l’est ou ne l’est pas, mais cela veut dire que les livres de 62 ne doivent pas être utilisés dans l’esprit de 62 mais dans celui de 65 – qui ne diffèrent pas tant que cela, d’ailleurs. On a là le germe des revendications liturgiques des seize. Il faudrait pour cela relire Sacrosanctum Concilium et notamment les numéros cités.
« A l’occasion des élections préparatoires au chapitre général de la Fraternité Saint-Pierre prévu pour l’été 1999, la totalité des membres élus compose un groupe fermement opposé à toute adaptation du rite de 1962 aux souhaits des Pères conciliaires, y compris celles admises jusque-là, comme à tout signe liturgique concret d’unité avec l’évêque du lieu, au profit de la stricte sauvegarde d’une position ecclésiale parallèle et marginale. »
Ca, c’est le hic liturgique. Non seulement on ne veut pas adapter, mais on veut revenir sur les adaptations concédées (sans doute surtout le Pater chanté par tous.) Les signes concrets d’unité avec l’ordinaire du lieu, ce sont l’assistance à la messe épiscopale et sans doute aussi la concélebration autour de l’évêque. La position contraire est donc « pas de concélébration avec l’évêque, même pour les messes qui lui sont réservées, comme la messe chrismale ou celle du soir du Jeudi Saint. Pas d’assistance à ces messes non plus ». Mais je crois que c’est surtout la concélébration qui gêne. Dans les livres de 62, la messe chrismale est réservée à l’évêque ; il y en a donc une par diocèse. La messe du soir du jeudi saint est aussi unique : il y en a une par paroisse, grosso modo, ce qui veut dire pas de messes basses ce jour-là. La chose vaut aussi pour la vigile pascale : il n’y a pas de messe basse de la vigile pascale ; il n’y en a qu’une seule, le soir. A Fontgombault, tous les moines concélèbrent avec le P. Abbé le jeudi Saint, et ceux qui le désirent concélèbrent à la vigile pascale. C’est soit ça, soit pas de célébration du tout. Ces occasions sont donc les exceptions du calendrier où chaque prêtre ne dit pas forcément sa messe. La FSSP en est restée à une application rigoureuse des principes de 62 : pas de concélébration à la messe chrismale (l’évêque est entouré de 12 prêtres, 7 diacres et 7 sous diacres pour cette messe dans le rit de 62, mais c’est purement cérémoniel), pas de concélébration le jeudi saint ni à la vigile pascale (le prêtre le plus digne de la communauté célèbre seul.) La tendance moderne chez les tradis consiste donc à réclamer des concélébrations pour ces occasions-là et – exceptionnellement – des concélébrations pour les grandes occasions avec l’évêque. Dans l’esprit du Concile, en effet, et dans l’esprit liturgique contemporain, la concélébration est une façon de renforcer la hiérarchie manifestée dans la liturgie. C’est donc l’évêque qui préside. A Solesmes, ce n’est pas l’abbé qui préside à chaque fois, mais l’hebdomadier qui le représente et qui est le prêtre le plus digne pour la semaine. Moyennant ceci, le respect théologique est à peu près sauf. Au passage, dom Gérard est réputé avoir concélébré une fois (avec le Pape), et certains lui en tiennent grief ! J'ai vu le P. Abbé de Triors le faire occasionnellement (lors de grandes occasions diocésaines, lorsqu’il est dehors) sans abuser, et avec l’évêque. Ce n’est pas faiblesse, duplicité, mais intelligence pratique ; tout comme, lorsqu’on doit célébrer avec un autel qui ne peut que s’utiliser versus populum, on célèbre ainsi. C’est pour ainsi dire la même intelligence pratique qui commande d’aller au temple lorsqu’un ami protestant se fait baptiser ou se marie : non parce qu’on embrasse le protestantisme que l’on a refusé tout le reste de l’année, mais parce que l’on est éduqué, et que certains gestes d’amitié (et d’amitié entre chrétiens) ressortissent plus à la Charité qu’une conception étriquée de la fidélité. Lorsque l’ivresse de l’intransigence se fait voir, ce n’est jamais bon signe ; ce n’est jamais signe d’intelligence, tout au plus un absolu mis à la portée de qui n’en a pas d’autre. De fait, la position « tout comme en 62 » est parallèle et marginale puisqu’il a été explicitement demandé par le Cal Ratzinger, pourtant peu suspect de progressisme, de voir même les livres de 62 dans l’esprit de 65 ! Ceci ne se tient que parce que 65 est derrière nous, et que nous sommes soumis aux « conséquences » du Concile, même malgré nos particularités rituelles. La situation des communautés Ecclesia Dei n’est donc pas une exacte reconstitution du contexte de 62, elle est un usage des livres de 62 dans le contexte d’aujourd’hui. On arguera justement que les propos du Cardinal cités sont flous. Des documents préciseront cela plus tard.
« Pourtant, un tiers environ des membres de la Fraternité Saint-Pierre souhaite continuer à œuvrer dans le sens clairement exprimé tant par le Motu Proprio lui-même que par les discours d’octobre 1988 ou les propositions faites par la Commission Ecclesia Dei en 1989 en vue d’un juste aménagement des normes du Missel de 1962 aux directives conciliaires. »
Ce paragraphe atteste en effet que la commission ED a décidé, il y a dix ans, que le missel de 62 devait être retouché (légèrement, cela va de soi) pour coller aux directives conciliaires.
Quelques symptômes. « 1° a) Beaucoup de séminaristes, qui font leur études dans nos deux séminaires, refusent impunément de servir les messes des professeurs de passage qui célèbrent selon le Novus Ordo Missae. »
Argument qui fait mouche : l’inhospitalité liturgique du séminaire. Et l’on peut imaginer que les « professeurs de passage » célèbrent en latin ! A *** (une communauté Ecclesia Dei qu'il ne m'importe pas de nommer, Nd2002), j'ai constaté qu'on servait tout ce qui passait, même si c’était farfelu, y compris les rites orientaux. J’ai ainsi pu voir trois prêtres de Besançon concélébrer à voix basse en français dans une chapelle de la crypte. Je ne l’ai d’ailleurs vu qu’une fois. J’ai aussi servi moi-même la messe en français d’un prêtre roumain - donc de rit oriental, qui m’a prié de faire la lecture (a voix basse). Pendant la lecture, le prêtre était assis sur une chaise posée sur le marchepied de l’autel. Rien de classique, donc ! (Et une expérience unique de "messe basse orthodoxe", si ça se trouve!!! Nd2002) J’imagine qu’un refus de servir de ma part aurait été totalement déplacé et aurait déplu au [supérieur de la communauté].
« b) Largement admis il y a quelques années, le chant du Pater par l’assemblée doit maintenant être strictement interdit : malgré sa demande explicite, Mgr. Guillaume, évêque de Saint-Dié, en fit la triste expérience lors du dernier pèlerinage de Chartres. »
Encore un exemple frappant : la société de prêtres qui impose son vouloir à un évêque. Comment ne pas être choqué ?
« les gardiens vigilants de l’exacte obéissance aux rubriques de 1962, spécialement auprès des prêtres de la Fraternité soupçonnés de " libéralisme ". »
Il s’agit des séminaristes, qui surveilleraient donc les déviants… on aimerait savoir comment.
« Certains membres de la Fraternité ayant concélébré ont été sanctionnés ; pour éviter ce désagrément et ne pas être atteints par l’opprobre de leur confrères, d’autres se voient dans l’obligation de cacher cet acte " répréhensible ". Avant la tonsure, les candidats doivent désormais s’engager à ne pas concélébrer sous peine d’exclusion. »
C’est de l’illégalité pure et simple : des choix contraires au rite qu’utilise toute l’Eglise latine sont imposés aux séminaristes. De fait, on ne saurait interdire l’usage du rit de 69 à quiconque est de rite latin ; c’est le rite ordinaire de l’eglise latine, c’est dire que celui de 69 et celui de 62 ne sont pas sur un pied d’égalité. En particulier, contrairement à ce que pensait Mgr Gamber, il ne s’agit pas de deux rites différents qui pourraient coexister ; c’est un seul rite à des étapes différentes de son existence, les deux livres qui le contiennent s’appellent tous deux Missale romanum. La preuve de tout ceci est dans le livre de dom Oury (la messe de St Pie V à Paul VI) qui détruit les assertions de Louis Salleron, entre autres. Le rit de 62 n’est donc pas un rit qui a autant de droits que les autres, c’est une ancienne forme qui existe encore par exception, c’est à dire dans un cadre bien précis. L’un des avantages de cette querelle est d’avoir clarifié ce cadre. Je ne crois pas qu’une excpetion tolérée entraîne, de facto, que le cas général est intolérable pour ceux qui bénéficient de l’exception. lorsqu’on a la permission de faire gras en Carême (si l’on est malade), ce n’est pas une obligation, et l’on peut revenir au régime général d’abstinence sans pécher ! L’interdiction de concélébrer va donc contre les règles liturgiques latines, et aucun supérieur de séminaire ne peut édicter de telles lois.
Il y a ensuite d’autres arguments du même tonneau, puis : « Pour ce qui concerne notre Fraternité, le raidissement en matière de liturgie ne paraît être que la manifestation extérieure d’une opposition plus grave à l’Eglise visible, à son enseignement et sa hiérarchie actuels, même si les déclarations officielles veulent persuader du contraire. »
Et, moyennant ce qui a été dit avant, ceci est très plausible. Les raisons de cette opposition, poursuit le rédacteur :
« c) Elles sont plutôt psychologiques, voire sociologiques, et à ce titre incontrôlables, comme le révèle l’exacerbation croissante des tensions. »
Comprenons : les maurrassiens, les lefevristes ne sont ni morts ni repentis ; voilà qu’ils commencent à prendre de la graine. Ce n’est peut-être pas vrai mais c’est comme cela que Rome l’a sans doute compris. Ajoutons que c’est hautement vraisemblable. De plus ce passage est le reflet d’une tentation qui se présentera un jour dans la vie de tout prêtre traditionaliste : celle de quitter la mouvance tradi. C’est une évidence que, dans une chapelle tradi, on en vient très vite à travailler toujours pour la même clientèle de « parfaits », tout acquis à votre cause et qui – généralement – ne s’améliorent guère puisqu’ils sont déjà parfaits, formés, éduqués, catéchisés, enrôlés, etc. Bref, on a beaucoup de mal à faire des conversions, puisque tout le monde est déjà converti. Je caricature. Certains prêtres, et non des moins intelligents ou des moins brillants, se sont donc faits incardiner dans un diocèse pour diverses raisons. Je ne dis pas que cette tentation de partir soit une tenation du Malin (on sert l’Eglise et les âmes dans les deux cas, mais sans doute les sert-on mieux dans l’un que dans l’autre.) ; et j’ai du mal à imaginer le P. O. (un prêtre formé à Econe, aujourd'hui dans le clergé diocésain, et probablement évêque ou vicaire épiscopal dans les années qui vont suivre) resté à la chapelle lefevriste de *** ; eux et lui, quant à l’intelligence, ne jouent pas dans la même catégorie. Dans une paroisse diocésaine, on voit mieux, concrètement, ce qu’est l’Eglise actuellement, au niveau local ; on le voit mieux en tout cas que dans une communauté tradi, fermée et marginale par essence ; et il est bon que l’on ait ce grand angle de vue. Je ne reviens pas sur la quantité de prêtres qui ont quitté la Fraternité St Pie X, la Fraternité St Pierre voire d’autres instituts ; et qui motivé leur départ par l’atmosphère irrespirable de leur paroisse. Les motifs psychologiques sont donc tout à fait recevables.
Les seize dénoncent une dérive lefevriste, puis :
« Dans la pratique, l’insistance démesurée sur certains détails liturgiques (cristallisation sur le Missel de 1962) a conduit à oublier puis à ignorer de facto d’autres aspects essentiels à la vie de l’Eglise comme : - l’écoute du Magistère vivant : dans les deux séminaires de la Fraternité Saint-Pierre, l’Exhortation Apostolique Pastores dabo vobis n’a pas été vraiment appliquée, et les documents relatifs à la préparation du Jubilé n’ont pas trouvé d’écho. - l’évangélisation : lorsqu’un évêque propose des paroisses territoriales moyennant quelques aménagements liturgiques indispensables pour la situation locale, l’offre s’oppose à un refus justifié par la fidélité aux Constitutions. Ce fut le cas de Mgr. Thomazeau, évêque de Beauvais, il y a un an. » On voudrait savoir le genre d’aménagements… mais il est remarquable, emblématique même, que ce fût Mgr Thomazeau qui ait essuyé ce refus, car il passe pour très progressiste. Autrement dit : l’intransigeance a fait capoter une occasion de mettre les pieds dans un diocèse rouge. Rome a compris !
« 1- le refus systématique de toute "compromission" est présenté comme a - la volonté du Saint-Père lui-même, signifiée par le Motu proprio, b - en même temps que la garantie indispensable pour conserver le "charisme des fondateurs" et rester fidèle aux Constitutions. 2- Il faut donc repousser délibérément toute adaptation, pour éviter d’être entraîné plus loin. 3- Il s’agit alors de s’en tenir solidement à une " tradition " figée à 1962, en attendant un hypothétique écroulement des diocèses et des structures ecclésiales locales. 4- Ceux-ci seraient alors contraints, faute d’effectifs, de faire appel à la Fraternité Saint-Pierre conservée dans sa pureté primitive. »
C’est gros.
« Concrètement, la méfiance permanente envers les structures et les hommes d’Eglise s’accompagne d’un archéologisme pointilleux, qui puise sans cesse, dans des livres anciens étrangement interprétés, la matière à des pratiques liturgiques souvent dé-suettes et peu esthétiques. »
Très probable là encore. Je ne fais que penser aux chasubles, et à la fidélité maladive au Starcky. Burettes baisées, voile du calice retourné dont-on-ne-doit-pas-voir-l’envers, inclinations au gloria, etc, etc. sans compter les mouvements des enfants de chœur, etc.
« 1° Eminence, a) nous vénérons la tradition liturgique latine dont le Saint-Siège nous permet l’usage. b) Sans remettre en cause l’orthodoxie du Novus Ordo Missae, nous ne voulons pas d’un " biritualisme " qui aggraverait la situation. c) Pourtant, nous ne sommes pas prêtres pour un rit, mais pour l’Eglise et pour les âmes. »
Cela signifie clairement : nous sommes des tradis et nous voulons le rester, nous ne voulons pas mélanger les genres ; mais nous ne sommes pas opposés à de légères modifications, ponctuelles, aux livres de 62, là où ça sera nécessaire, partant qu’il vaut mieux le bien des âmes que la sauvegarde intégrale d’un rite. Si la liturgie rend gloire à Dieu, un de ses rôles second et subordonné au premier est de faire du bien aux âmes. Toutes choses étant égales par ailleurs, c’est le rit qui est fait pour les âmes et non le contraire. Une légère révision, si nécessaire, ne ternira pas la gloire de Dieu, et dès lors tout est bien. Suivant alors les demandes d’intervention et les signatures.
(à suivre. Les noms propres ont été modifiés)
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