Cher Nicoco,
Votre serviteur aime bien ce terme de triomphe de la Chrétienneté.
Non pas du tout en tant que prétexte à un Etat de tuer tous ceux qui ne pense pas comme lui (lui = l'Etat = une fiction, ce que n'est pas du tout la Chrétienneté ni l'Eglise Catholique).
Oui à une séparation radicale entre Eglise et Etat. Non à une Inquisition qui livre les hérétiques aux bûchers de l'Etat comme les Juifs ont livré Jésus à la croix de Rome.
Mais oui à une Chrétienneté tout d'abord fière de l'être. Faut-il avoir honte d'être Catholique ? Non ! Faut-il garder de l'ordre et dénoncer les hérésies ? Oui ! Mais pas les livrer au bourreau, ça n'a pas de sens. Ce n'est pas l'hérétique qu'il faut brûler, j'espère, mais l'hérésie. Donc, il faut enseigner la Foi et informer des dérives le cas échéant (et actuellement il échet beaucoup !...).
Je ne vois pas la Chrétienneté triomphante comme la nostalgie d'un passé mythique, mais comme une attitude d'aujourd'hui. L'humilité et la simplicité, d'accord, mais comment ne pas glorifier notre Seigneur qui fait tant pour nous, jusqu'à sacrifier son propre fils pour notre salut ? Et comment ne pas être fiers que Dieu a daigné nous envoyer Son fils et son Esprit, même si nous nous en montrons si indignes ? Comment ne pas exprimer notre joie d'être appellés à la Nouvelle Alliance, joie contagieuse par excellence ?
Quant au latin, je ne vous comprends pas. Vous avez passé de nombreuses années de votre vie, et vous en passez encore, à étudier l'hébreu, ce pour quoi je vous admire, et vous trouvez notre attachement au latin dépassé ?
Ecoutez, cher Nicoco, si je n'avais pas découvert la Sainte Messe version "Saint Pie V", j'aurais peut-être perdu la Foi. La connaissez-vous ? Comme organiste liturgique, vous savez comme les liturgies bébêtes est un phénomène généralisé, où l'assemblée s'auto-célèbre, et où a occulté autant que se peut (et même plus) la dimension du Sacrifice (n'en a-t-on plus rien à foutre, de Son sacrifice rédempteur?!), pour se limiter à dire comment les hommes doivent être "sympas"...
Vous êtes musicien comme moi, vous savez comme l'art peut exprimer merveilleusement les sentiments et désirs humains et représente un langage bien plus sophistiqué et juste que le langage scientifique. Et bien, pour moi la Messe 'Saint Pie V", c'est un peu comme Orfeo qui implore (avec succès) le gardien du Styx et le dieu de l'enfer. Sauf bien sûr qu'ici, nous nous adressons au vrai Dieu, et que les chants et prières sont inspirées par l'Esprit Saint. Et, pour moi, ces chants et prières sont bien plus parlantes que les machins servis habituellement en paroisse.
Dieu fait tant pour nous, n'est-il pas naturel de notre part de vouloir L'en remercier, de Le louer, dans la langue (liturgie et autres rites) qu'Il nous a apprise ?