Dans l'éditorial de l'abbé tanouarn le ton est déjà posé : " La démocratie n'est pas seulement une hérésie; elle impose une nouvelle religiosité parce qu'elle définit un nouveau centre, purement imaginaire du reste, l'Homme tel qu'il se rêve". La thèse de Jacques Prevotat est ( vous ne serez pas déçu ) refuté par l'ensemble des collaborateurs de la revue, que ce soit par rapport à l'athéisme de Maurras, ou la légitimité supposée des condamnations. Les déficiences que j'ai évoquées sont relatives à l'antisémitisme que F.Huguenin reproche à l'action Française. "Ils ont sacrifié dit-il à l'exutoire du bouc-émissaire, traduisant par là même la redoutable prégnance d'une conception moderne et idéologique de la nation, porteuse en elle même d'exclusion, à l'opposé d'une vision du lien social plus apaisée car incarnée. Cette contamination du maurrassisme par la praxis et la pensée modernes est indissociable du temps où elle s'est exercée, de l'impératif maurassien de l'action et de la réaction..Elle n'est pas l'essentiel de l'oeuvre ni le coeur du logos. Elle existe pourtant, et loin de le nier, ceux qui professent un attachement envers le maurrassisme doivent l'assumer". C'est pour F.Huguenin le "legs de la modernité recueilli, à la marge mais de façon très nette" par le maurrassisme.
Je partage votre opinion sur Daudet, un écrivain que j'apprécie beaucoup ( cf: ses souvenirs littéraires, Le stupide 19eme siècle ),excellent polémiste, le meilleur sans doute de sa génération, doué d'un gôut très sûr dans le domaine artistique, mais dont l'antisémitisme acharné projette une ombre sur son oeuvre.
Cordialement