Cher monsieur, j'ai lu avec intérêt votre intervention qui me semble marquée au coin du bon sens. Je n'adhère pas plus que vous à l'idée du "Père qui a souffert dans sa Majesté lors de la Passion". Admirateur de saint thomas, je sais que cette idée va à l'encontre de ses conceptions sur Dieu. Comme le dit une encyclique on ne se détourne pas de son enseignement sans dommages graves. Attribuer des passions humaines à Dieu est une erreur grossière :( Dieu n'est pas sujet aux passions de l'affectivité, Somme contre les gentils, ch89,Livre I ). Peut-être me suis-je mal exprimé. Je signalais simplement que cette idée à été énoncée par certains auteurs modernes. J'admire le sens que vous avez de la Résurrection du Christ. Mais je continue à penser que la nouvelle messe en lui accordant le primat a éliminé la doctrine de la satisfaction qui fondait le dogme classique de la rédemption. A ce titre les prêtres de la fraternité saint pie X ont raison, je pense,d'insister sur le côté fabriqué de cette nouvelle messe à travers laquelle l'Eglise a notifié son adhésion à la théologie moderne du mystère Pascal selon laquelle le sens profond de la mort de Jésus est l'offrande d'Amour pour les hommes. Votre opinion sur le Dimanche de Pâques est très juste mais il m'est avis que la semaine sainte est une chose, la messe en est une autre et que celle-ci ne peut être ramené à une récapitulation sous forme de mémorial de la semaine sainte
Je vous remercie pour vos précisions sur les icônes.
Enfin je pense qu'il faut user avec précaution du mot "dolorisme" : je vous invite à ce titre à méditer cette phrase de Simone Weil : "L'extrême grandeur du christianisme vient de ce qu'il ne cherche pas un remède surnaturel contre la souffrance, mais un usage surnaturel de la souffrance" . Cf: la pratique de l'imitation de la Croix, offrir ses souffrances pour sauver des âmes, la substitution mystique... Il est vrai que tout cela est propre au catholicisme.
Fraternellement