Cher Sombreval,
Je ne peux être d'accord avec vous. L'idée du Père qui a souffert dans sa Majesté lors de la Passion, de la Vierge qui souffre encore dans le Ciel après son Assomption, tout cela me choque énormément...
Quant au problème de la Rédemption par la souffrance de Jésus-Christ, je répète que cette souffrance était une condition nécessaire compte tenu du plan divin, mais pas suffisante. C'est la Résurrection qui assure la Victoire du Christ sur la Mort et sur Satan. Alors on ne peut séparer le Vendredi Saint et le Dimanche de Pâques mais c'est Pâques qui achève et accomplit glorieusement le rachat de l'Homme. D'ailleurs, dans la Liturgie, le Vendredi n'est qu'une étape vers la Célébration solennelle et joyeuse de Pâques. Et, aujourd'hui, le Combat est gagné, la Mort est terrassée, Satan est écrasé, l'Homme est racheté... Pourquoi la Vierge souffrirait-elle ??? Bien sûr, Elle ne peut pas être insensible en contemplant ceux qui se damnent parce qu'ils refusent le rachat mais elle ne peut souffrir, comme souffre l'Homme sur cette terre, car Elle est entrée dans la Gloire de Dieu et il ne peut y avoir souffrance dans cette Gloire.
Quant au Père, il n'a jamais souffert comme son Fils. Ce dernier, Verbe incarné, Vrai Dieu et Vrai Homme, a souffert parce qu'il a partagé la condition des hommes. Sa Personne (Son Hypostase), unique, a souffert sur la Croix en sa nature humaine mais le Père, bien que conssubstantiel à Lui, n'a pas pu souffrir. Le dire revient à proférer l'hérésie "patripassienne" condamnée par les Pères et contraire à la définition de Dieu comme parfait et tout puissant.
Le catholicisme français a été influencé par le jansénisme et a dévié vers des théories doloristes que je ne peux partager. Je ne rejette pas les témoignages de Marguerite-Marie ou de la Salette, bien qu'ils relèvent de la révélation privée et ne soient pas dogmatiques. Cela dit, ils me posent problèmes et je ne les interprète pas comme on le fait généralement chez nous. Vous noterez qu'en Orient, les manifestations de NSJC et des Saints sont parfois empreintes de gravité et constituent des avertissements aux mécréants (telles les icônes pleurant de l'huile) mais elles ne remettent jamais en cause la Splendeur et la Gloire du Dieu Trinitaire et le caractère définitif et anticipé de Sa Victoire sur le Mal.
Cordialement.