Nous vous remercions pour cette lettre éclairante et d'une grande beauté. Saint Léon écrit : " afin de payer la dette que nous avions contractée ( la notion de dettes, je le signale au passage, est contestée par nos géniaux exegètes contaminés par le modernisme ),la nature inaccessible à la souffrance s'est unie à celle qui peut souffrir". Jésus nous a sauvés par son sang et ses souffrances, de la même manière que dans les anciens sacrifices le sang et les souffrances de l'innocent étaient recquis, si je puis m'exprimer ainsi, en vue du rachat du coupable. Certains auteurs ont complexifié le problème en parlant de la souffrance de Dieu. Dieu aurait souffert de la passion de son Fils. Cela à première vue paraît une énormité. Mais que penser des larmes de la très Sainte Vierge à la Salette ? Voici ce qu'écrit avec magnificence Léon Bloy : " C'est le christianisme intégral, absolu, dans sa splendeur. Sans doute la Sainte Vierge, vue ainsi, pensée ainsi, est inimaginable. cependant Elle pleure à la Salette, Celle que toutes les générations doivent appeler Bienheureuse. Elle pleure comme Elle seule peut pleurer, Elle pleure des larmes infinies sur toutes ces prévarications énumérées et sur chacune d'elles. Elle en est donc atteint au sein même de sa Béatitude. La raison s'y perd. Une Béatitude qui "souffre" et qui pleure! Est-il possible de le concevoir ? " Je vous laisse méditer ce passage.
Cordialement