Dans la période de l’entre-deux-guerres, le monde expérimente la perte du sens de Dieu. Rahner est hanté par la soif de sauver les hommes de son temps et tout le genre humain. Pour des raisons apostoliques, il veut établir une théologie qui réunisse intimement Dieu et la créature en suivant les philosophes modernes. (Abbé Bourmaud, Cent ans de modernisme, Clovis, p. 316.)
L’ambition folle de tous ces “théologiens” est de rééditer avec Kant et Hegel la synthèse que saint Thomas d’Aquin avait réussie avec Aristote, mais qu'ils estiment “dépassée” en dépit de l’enseignement de l’Église, notamment de Léon XIII dans
Aeterni Patris. Ce mépris contraste “avec l’humilité vraie qui est le partage des vrais génies” (Chesterton,
Saint Thomas d’Aquin, ch. 3). Aristote et saint Thomas ont en effet en commun de ne s’écarter de l’opinion de leurs maîtres que par amour pour la vérité : “amicus Plato sed magis amica veritas”.
V.