Pour illustrer ce que Tibère vient d’écrire un peu plus haut, voici successivement la définition que l’Église donne de l’Immaculée Conception et la façon dont Karl Rahner la comprend :
“Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine, qui tient que la bienheureuse Vierge Marie a été, dans le premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulières du Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel, est une doctrine révélée de Dieu, et qu’ainsi elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles.” (Pie IX, Ineffabilis Deus.)
“Le dogme (de l’Immaculée Conception) ne signifie en aucune manière que la naissance d’un être soit accompagnée de quelque chose de contaminant, d’une tache, et que pour l’éviter, Marie ait dû avoir un privilège. — L’immaculée conception de la Sainte Vierge consiste donc simplement dans la possession dès le début de son existence, de la vie de grâce divine, qui lui a été donnée. — Dès le commencement de son existence, Marie fut enveloppée par l’amour rédempteur et sanctifiant de Dieu. Tel est, dans toute sa simplicité, le contenu de la doctrine que Pie IX en l’année 1854, a solennellement définie comme vérité de la foi catholique.” (K. Rahner, Maria, Méditations.)
Ces deux citations sont extraites de l’ouvrage que le Cardinal Siri a consacré aux tendances théologiques contemporaines : Gethsemani, réflexions sur le mouvement théologique contemporain (Téqui). Le cardinal y démontre lumineusement l’influence prépondérante que les écrits du philosophe Hegel ont exercée sur Karl Rahner – comme l’atteste de son côté Hans Küng en disciple admiratif – et les contradictions et les erreurs fondamentales qui l’ont amené à dénaturer jusqu’aux dogmes les plus explicites de la foi catholique.
V.