Le fait de se donner d'un dirigeant par voie de suffrage universel n'est pas condamné en soi par l'Eglise. Relisez à ce sujet l'intégralité de l'encyclique de Léon XIII
Diuturnum illud, lumineuse à ce sujet, et dont je vous mets un extrait significatif ci-dessous.
Toutefois, il importe de remarquer ici que, s'il s'agit de désigner ceux qui doivent gouverner la chose publique, cette désignation pourra dans certains cas être laissée au choix et aux préférences du grand nombre, sans que la doctrine catholique y fasse le moindre obstacle. Ce choix, en effet, détermine la personne du souverain, il ne confère pas les droits de la souveraineté; ce n'est pas l'autorité que l'on constitue, on décide par qui elle devra être exercée. Il n'est pas question davantage des différents régimes politiques : rien n'empêche que l'Église n'approuve le gouvernement d'un seul ou celui de plusieurs, pourvu que ce gouvernement soit juste et appliqué au bien commun. Aussi, réserve faite des droits acquis, il n'est point interdit aux peuples de se donner telle forme politique qui s'adaptera mieux ou à leur génie propre, ou à leurs traditions et à leurs coutumes.
Les réserves de Léon XIII ne sont pas au niveau du mode de suffrage lui-même.
Quant à Pie IX, il faut bien comprendre quelle était sa position, au moment où il recevait les pélerins français :
Je bénis tous ceux qui coopèrent à la résurrection de la France. Je les bénis dans le but (laissez-moi vous le dire) de les voir s'occuper d'une oeuvre bien difficile mais bien nécessaire, celle qui consiste à faire disparaître ou à diminuer une plaie horrible qui afflige la société contemporaine, et qu'on appelle le suffrage universel. Remettre la décision des questions les plus graves aux foules nécessairement inintelligentes et passionnées, n'est-ce pas se livrer au hasard et courir volontairement à l'abîme ? Oui, le suffrage universel mériterait plutôt le nom de folie universelle, et, quand, les sociétés secrètes s'en emparent, comme il arrive trop souvent, celui de mensonge universel
A éclairer par cette autre déclaration :
Je déclare hautement, dit-il, que les trônes soutenus uniquement par ce qu'on appelle les masses, c'est-à-dire par un ramassis d'hommes passionnés et mobiles, sous la direction de gens qui vivent plongés dans l'incrédulité et dans des sentiments de haine contre Dieu et contre l'Eglise, sont mal fondés et fort mal soutenus, car ces appuis sont faibles, incertains, inconstants
Cordialement
Meneau