Vous vous fondez sur le fait que la Fraternité aurait ses propres tribunaux pour affirmer qu'elle serait en communion imparfaite.
Donapleu a raison. Le concept de communion imparfaite, invention très récente et purement politique, n'a aucun fondement. Il n'y a aucune tradition théologique en la matière. Y a-t-il des demi-saluts ou des demi-damnations dans des sas intermédiaires entre enfer et paradis ? Il faut croire que non.
Par ailleurs, votre exemple N°1 est faux. La commission créée par Mgr Lefebvre qui a un but consultatif n'est en rien un tribunal. Lorsqu'il y a des cas juridique à instruire, la Fraternité requiert les tribunaux d'Eglise et les dicastères compétents à Rome. Cependant, devant la légèreté de certaines juridictions diocésaines, une commission interne a donné quelques avis sur des cas particuliers. En cela, elle ne fait qu'appliquer les craintes légitimes des papes Jean-Paul II et Benoît XVI. Je vous précise que le pape Benoît XVI lui-même, à chaque fois qu'il visite (en général au mois de janvier) le tribunal de la Rote prononce un "sermon" (c'est vraiment le terme) pour dénoncer les reconnaissances systématiques de nullité : Il y a deux ans, il parlait même du "scandale de voir, en pratique, détruite la valeur du mariage chrétien par la multiplication exagérée et presque automatique des déclarations de nullité dans le cas d'échec du mariage, sous prétexte d'une quelconque immaturité ou faiblesse psychique des contractants".
De même, la Fraternité recourt à Rome pour certains cas de confessions du ressort de Rome ou de cas de voeux à relever. Et dans ces cas, le Saint-Siège confère aux prêtres de la Fraternité les pouvoirs pour absoudre des peines qui relèvent du pape ou pour relever des religieux de leurs voeux. Est-ce considérer là un affranchissement de la juridiction ?
Sur votre point N° 2, la FSSPX n'a pas un devoir à se passer de l'autorisation de l'évêque pour s'implanter, mais, les faits montrent qu'en effet, elle se passe de ladite autorisation sinon elle serait tout simplement condamnée à disparaître. Notez qu'elle bénéficie en la matière de la jurisprudence IBP qui s'est implantée en plusieurs points de France sans avoir l'autorisation de l'ordinaire du lieu. Et pourtant l'Institut est en "pleine communion", dirait-on. |