comme le montre cette photo, les 2 prie-Dieu ont été ostensiblement boudés par les souverains et la reine doit faire des contorsions disgracieuses pour rester dans la posture progressiste. Au risque de choir.
Je sais que les optimistes invétérés nous trouveront toutes les excuses mais le fait est là. Il y a une conduite exemplaire du pape qui est rejetée par la masse du clergé, des évêques et des catholiques militants (je ne mets pas le roi d'Espagne dans cette catégorie).
Prêcher par l'exemple oui mais quand il n'y a pas d'effet constaté ?
Pas même le crucifix en dehors de 2 ou 3 églises dispersées.
Nemo et Ennemond constatent simplement un fait qu'il est facile d'observer soi-même en visitant une église N.O.M. ou en regardant KTO ou bien les messes dominicales du service public de télévision.
Outre que cette approche, à ce rythme, supposerait un pontificat de 50 à 100 ans (!), Nemo pointe à juste titre le vice premier du Novus Ordo, sa plasticité digne d'une divinité hindoue qui peut se tordre en tous sens. Ce n'est pas un hasard si le slogan du néo-liturgisme est "haro sur le rubricisme".
Mais outre les normes et décrets, il y a bien plus important encore : la néo-liturgie a marqué les esprits en profondeur, elle a colonisé tous les centres de formation liturgique. En 2001, le cardinal Ratzinger avait bien vu l'ampleur du problème, les travaux d'Hercule au moins : relancer un vrai Mouvement liturgique pour réinsuffler le sens véritable de la liturgie qui n'est pas assimilable à un club du 3è âge ou un meeting syndical ou à l'antichambre de la Star Ac' pour chanteurs/teuses amateurs.
Très peu a été fait depuis en une décennie, les résistances sont puissantes et paradoxalement, la principale avancée en la matière est le développement de ... la Forme extraordinaire.
Une messe papale de ci de là ne suffit pas. Un ajustement de la Forme ordinaire, même modeste, serait un signal plus fort, particulièrement pour le jeune clergé souvent enclin à célébrer dignement, mais il doit s'accompagner du reste : fonder des centres de formation qui ne soient pas inféodés au néo-liturgisme, veiller aux choix des évêques et des responsables en la matière, s'efforcer de recycler les clercs comme on l'avait fait dans les années 1960-1970 mais dans un esprit diamétralement opposé.
Le temps où chacun s'alignait sur le Saint-Père par amour de la romanité est révolu ; il faut en tirer les conséquences pratiques si l'on veut porter remède à la crise liturgique qui est une facette majeure de la crise de l'Église. |