Le livre de l'abbé Barthe est très intéressant en ce qu'il rend compte d'une praxis (très multiforme il faut bien le reconnaître) qui tend, indépendamment de toute politique normative, à réintroduire du sacré dans la liturgie si médiocre que Paul VI a donnée à l'Eglise.
Il n'en reste pas moins qu'un point d'interrogation immense demeure, et que relaye Nemo dans son post. Toute cette tentative "sui generis" d'"injection de sacré" dans une liturgie qui dans sa forme même en est totalement dépourvue (il faut bien rappeler, ce que fait d'ailleurs l'abbé Barthe dans son ouvrage, que les concepteurs de la nouvelle liturgie ont veillé expressément à applatir toute forme de transcendance dans la nouvelle messe), peut paraître comme un édifice bien fragile sans l'appui de la norme.
Certes, et l'abbé Barthe le démontre aussi avec force convication, l'état même de l'Eglise rend difficilement praticable une réforme de la réforme liturgique qui passerait par l'édiction de normes contraignantes. Ne serait-ce que parce que l'autorité de Rome a été réduite, dans ce domaine comme dans tant d'autres, à rien. Le risque serait grand de voir l'autorité du pontife romain une fois de plus publiquement bafouée par des épiscopes qui se soucieraient comme d'un guigne des instructions romaines.
Sur le plan liturgique, comme sur le plan doctrinal plus largement, l'Eglise (du moins une partie de l'Eglise) est dans une situation paradoxale où elle ne supporte plus ses maux ni les remèdes à ses maux (retour de l'autorité, redressement doctrinal et liturgique).
La remarque de Nemo demeure : après Benoît XVI un autre pape, moins conscient de l'importance de la liturgie, pourrait, sans aucune difficulté, effacer les maigres signes de l'actuel pontife en direction d'une réforme de la réforme. Aucun besoin d'édicter une norme contraire, il suffirait de changer la praxis. |