Mon vieil ami, le Chanoine Rose, d'abord membre du "Consilium" de Bugnini, puis écarté par ce dernier, s'exprimait ainsi dans l'interview qu'a réalisé Stéphane Wailliez pour Catholica, en 2003. Il est ici question de l'Office divin, mais je pense que l'on peut étendre les réponses à toute la réforme liturgique.
S.W. : Lorsqu’on regarde la nouvelle liturgie des heures, à laquelle vous avez travaillé, on est frappé par la liberté des choix. On peut prendre d’autres psaumes que ceux qui sont prévus, d’autres hymnes, laisser tomber les antiennes, introduire du silence, des lectures, etc. ; tout cela « pour des raisons pastorales ». Comment avez-vous réagi lorsqu’on a proposé ce rituel à la carte ?
A.R. : Dans les livres, nous n’avions rien voulu d’autre que ce qui est officiel. Mais on y a ajouté « vel alios cantus, vel alios psalmos » (ou un autre chant, ou un autre psaume) etc. Si l’on était contre cela, on se faisait traiter d’intégriste.
S.W. : Cette souplesse extrême est-elle un problème pour l’Eglise ?
A.R. : Oui, bien sûr. Si chacun peut créer son propre rituel, est-ce encore la prière officielle de l’Eglise ? L’ecclésilaité est mise en danger par la souplesse de ce nouveau rituel.
S.W. : Dans le cœtus dont vous faisiez partie, y a-t-il eu des oppositions à propos de ces possibilités de choix ?
A.R. : Oui, et Mgr Martimort était contre lui aussi. Mais Mgr Bugnini, qui dirigeait tout, était pour.
Ainsi s'étbalit le chaos actuel... |