Sans que cela ait un lien direct avec Mgr Lefebvre, la "revue d'Histoire diplomatique" vient de publier une étude sur le rôle de ce séminaire (ou plutôt de son supérieur) dans les négocations franco-vaticanes de 1918-1923 qui ont conduit au rétablissement des relations diplomatiques entre les deux Etats.
L'orientation générale de l'étude est que ce supérieur était très actif : non seulement il était indépendant des évêques de France et du curie mais en outre il cherchait à les influencer. Son objectif final était clairement anti-républicain - son objectif intermédiaire étant le rétablissement du concordat. Il était plus déterminé que les évêques français qui aspiraient pourtant eux aussi à l'abrogation de la loi de 1905 (et à la restitution des biens du clergé confisqués).
Son activisme (relayé par les milieux conservateur de la curie comme le saint-Office) gênait évidemment la diplomatie française - qui essayait d'expliquer que la guerre avait mis fin à l'anticléricalisme traditionnel de la IIIè république. Il gênait aussi la secrétairie d'Etat et le Souverain Pontife qui voulait renouer avec la France, vainqueur de la guerre et arbitre des affaires européennes. On peut même se demander si en élevant le niveau des exigences romaines à un point irréaliste il ne cherchait pas à empêcher tout rapprochement.
Je note cela pour donner une idée de ce qu'était le séminaire français de Rome après la première guerre mondiale : une citadelle d'intransigeance, isolée du reste du monde et dénuée de tout sens pratique (et politique), se croyant investie d'une mission spéciale à l'égard de l'Eglise de France et du saint-Siège.
Cela rien au patriotisme personnel des prêtres qui l'ont fréquenté et des familles dont ils étaient issus - on sait que le père de Mgr Lefebre a prouvé de al plus terrible manière son attachement à la France par sa mort en déportation (en 1943). Il ne faut jamais oublié de le dire quand on a affaire à des gens qui croient encore que Tradition = collaboration !!! |