la pertinence de mon propos et d'amener un peu d'eau à mon moulin.
Ne comprenez -vous pas la différence entre "protestants" et alii (= chrétiens), ce qui relève de l'oecuménisme sans "extrapolation", et l'islam, l'hindouisme etc. qui relève du dialogue interreligieux ?
J'aurais préféré quand même que la différence vous saute aux yeux et que vous ne preniez pas l'ex-pasteur Sandmark pour un imam, un rabbin ou un prêtre de Vishnou.
A moins que vous n'ayiez pas lu, ou trop vite, le début du fil car votre post me semble très "décalé" par rapport au sujet que j'abordais en réponse au Souricier.
L'Église depuis toujours fait la différence entre les Églises/Communautés ecclésiales chrétiennes séparées et les religions non-chrétiennes, cela n'a rien à voir avec "l'Église conciliaire" : je vous renvoie à la discipline du baptême.
Pour ce qui est de la perversion de la notion d'oecuménisme - votre propos - en milieu catholique qui ferait oublier la nécessité de travailler à retrouver la communion pleine et entière des Églises, ce qui implique structurellement une communion avec le Siège apostolique, je le sais bien.
Toutefois, avant de vilipender Vatican II, encore faut-il bien mesurer l'écart entre le texte conciliaire de référence, le décret Unitatis redintegratio ( 1964), et les vulgarisations qui en sont faites dans les media et divers secteurs de l'Église y compris quelques évêques et cardinaux. Ainsi voici l'article DEUX du Décret qui décrit l'Église sainte et une à laquelle nous devons tous travailler :
"Mais pour établir en tout lieu son Église sainte jusqu’à la consommation des siècles, le Christ a confié au collège des Douze la charge d’enseigner, de gouverner et de sanctifier [6]. Parmi eux, il choisit Pierre, sur lequel, après sa profession de foi, il décida d’édifier son Église ; il lui promit les clefs du Royaume [7] et, après que l’apôtre lui eut donné l’attestation de son amour, il lui confia toutes les brebis pour les confirmer dans la foi [8] et pour les paître en unité parfaite [9], Jésus Christ lui-même demeurant éternellement la suprême pierre angulaire [10] et le Pasteur de nos âmes [11].
Par la fidèle prédication de l’Évangile (par l’administration des sacrements et par le gouvernement dans l’amour), accomplis par les apôtres et leurs successeurs, c’est-à-dire les évêques ayant à leur tête le successeur de Pierre, Jésus Christ veut que son peuple s’accroisse sous l’action du Saint-Esprit, et il accomplit la communion dans l’unité dans la profession d’une seule foi, dans la célébration commune du culte divin, dans la concorde fraternelle de la famille de Dieu.
Ainsi l’Église, unique troupeau de Dieu, comme un signe levé à la vue des nations [12], mettant au service de tout le genre humain l’Évangile de la paix [13], accomplit dans l’espérance son pèlerinage vers le terme qu’est la patrie céleste [14].
Tel est le mystère sacré de l’unité de l’Église, dans le Christ et par le Christ, sous l’action de l’Esprit Saint qui réalise la variété des ministères. De ce mystère, le modèle suprême et le principe est dans la trinité des personnes, l’unité d’un seul Dieu Père, et Fils, en l’Esprit Saint."
Si cela ne décrit pas l'épure de l'Église catholique, apostolique et romaine, - un beau texte d'ailleurs - c'est vraiment que je suis aveugle ! Comment sans conversion les Communautés issues de la Réforme (protestante) pourraient s'y retrouver ? De même les Églises orthodoxes et orientales séparées de la communion avec le successeur de Pierre ?
Or c'est la vision conciliaire de l'Église du Christ, dans l'unité, "unique troupeau de Dieu". Vous comprenez peut-être mieux à la lecture de ce texte de Vatican II, la charte de l'oecuménisme catholique, pourquoi Mgr Lefebvre l'a voté.
Les autres lectures "par extrapolation" - ce n'est pas le mot adéquat à mon sens car on peut extrapoler correctement et à bon droit - sont indubitablement des (ré)élaborations qui procèdent d'une herméneutique de la rupture et non pas d'un développement organique par rapport à ce texte.
Enfin je vous renvoie à la constitution apostolique Anglicanorum coetibus (2009) pour voir une application concrète de cette démarche voulue par le Concile. Une parmi d'autres mais qui montre que le dialogue peut, même rarement, déboucher sur une démarche de pleine communion. L'exemple du pasteur luthérien que vous citez va dans le même sens, mais comme itinéraire individuel. |