...une question basique de théologie morale sur laquelle - il me semble - Clément VIII (et non Clément VII, de mémoire) s'est planté.
L'ablation des testicules est - en soi - un acte ni bon ni mauvais. Il peut s'avérer bonne, par exemple, dans le cas d'une nécessité médicale.
Il convient alors de se poser les trois questions "standard" quant à un acte douteux:
1) L'acte est il mauvais en soi?
Nous y avons déjà répondu en introduction : non, l'ablation des testicules n'est pas mauvaise en soi. Il peut être admis si, par exemple, la nécessité médicale s'impose.
2) L'acte entraine-t-il bien une part de bien susceptible de contrebalancer les inconvénients?
C'est l'argument de Clément VIII : ad majorem gloriam Dei. Argument imparable : il n'y a rien de plus grand que la gloire de Dieu. L'inconvénient étant bien le changement d'identité sexuel qui opère par l'absence de testostérone.
3) L'effet bénéfique est-il une conséquence directe de l'effet mauvais?
Il nous semble que oui : la plus grande gloire de Dieu provient directement du "changement" sexuel. Ce n'est pas le cas dans le cadre d'un cancer des testicules, par exemple, pour lequel l'absence de testostérone n'est qu'une conséquence secondaire.
En conclusion, la troisième condition faisant défaut, il semble bien que le jugement prudentiel du pape ait été mauvais. Du reste, ce n'est certainement pas la première fois dans l'histoire de l'Église.
Enfin, s'il semble que l'autorisation de Clément VIII soit historiquement avéré, je n'ai pu trouver de références magistérielle. L'aide d'un historien de l'Eglise serait la bienvenue.
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