c'est que tout le vocabulaire "crie" la vérité. Dans un certain sens, c'est rassurant, car cela veut dire que cela prendra du temps à changer. Ainsi, par exemple, vous parlez bien d'
identité sexuelle, soit la reconnaissance de ce qu'on est par soi-même...
Par contre, je suis d'accord avec vous que cette théorie du genre risque de faire beaucoup de mal dans les années à venir.
L'Eglise toutefois n'est pas muette, et Benoit XVI notamment, outre
Caritas in veritate décryptée par Mgr Anatrella, s'est exprimé récemment à ce sujet me semble-t-il. Il s'était également exprimé clairement en
Décembre 2008 dans son discours à la Curie. L'assemblée de la CEF en 2006 s'était interrogée sur le sujet. Mgr Anatrella, lors de la 15ème assemblée plénière du Symposium des Conférences Episcopales d'Afrique et de Madagascar, avait consacré une
conférence au même thème que l'interview que vous citez.
Cordialement
Meneau
Elle [L'Eglise] doit également protéger l'homme contre la destruction de lui-même. Il est nécessaire qu'il existe quelque chose comme une écologie de l'homme, entendue d'une juste manière. Il ne s'agit pas d'une métaphysique dépassée, si l'Eglise parle de la nature de l'être humain comme homme et femme et demande que cet ordre de la création soit respecté. Ici, il s'agit de fait de la foi dans le Créateur et de l'écoute du langage de la création, dont le mépris serait une autodestruction de l'homme et donc une destruction de l'œuvre de Dieu lui-même. Ce qui est souvent exprimé et entendu par le terme "gender", se résout en définitive dans l'auto-émancipation de l'homme par rapport à la création et au Créateur. L'homme veut se construire tout seul et décider toujours et exclusivement tout seul de ce qui le concerne. Mais de cette manière, il vit contre la vérité, il vit contre l'Esprit créateur. Les forêts tropicales méritent, en effet, notre protection, mais l'homme ne la mérite pas moins en tant que créature, dans laquelle est inscrit un message qui ne signifie pas la contradiction de notre liberté, mais sa condition. De grands théologiens de la Scolastique ont qualifié le mariage, c'est-à-dire le lien pour toute la vie entre un homme et une femme, de sacrement de la création, que le Créateur lui-même a institué et que le Christ - sans modifier le message de la création - a ensuite accueilli dans l'histoire du salut comme sacrement de la nouvelle alliance.
Benoît XVI, 22/12/2008