Voici trois textes de Pie XII qui, à mon sens, en disent plus encore que Miranda Prorsus. En effet, Pie XII nous dit que l’homme, qui de façon artificielle voit tout, ne réfléchit plus, ne discerne plus, n’est inconsciemment plus maître de lui-même.
Saint Pie X enseigne, dans Pascendi, que le point d’impact du modernisme est de détruire l’intelligence de la foi – et par là de vider la foi de tout contenu et de toute réalité.
La civilisation télévisuelle tend à la même destruction : l’hypertrophie de l’imagination, l’illusion de voir les choses lorsqu’on ne fait que regarder une image montrée par un prestidigitateur (un prestimenteur !) détruiront de la même façon l’intelligence (et en priorité celle qui élève le plus au-dessus des sens, celle de la foi).
Abel
« On constate que la presse, la radio, le cinéma, la télévision exercent sur les esprits une pression constante et présentent sans répit une foule d’images, d’impressions, d’opinions, de jugements, qui vont de l’excellent au pire. Les hommes de tout âge, de toute condition, sont exposés incessamment à cette invasion, dont ils ne se défendent souvent que très imparfaitement. Que devient alors le sens de la vie surnaturelle, la connaissance des vérités de la foi, la pratique des vertus de renoncement, de fidélité, de générosité, la conscience d’une présence du Christ dans le prochain et dans l’attitude charitable à son égard ? Comment une mère chrétienne conservera-t-elle à son foyer, éduquera-t-elle en ses enfants ces attitudes évangéliques, qui témoignent, au plein sens du terme, de la vérité du christianisme ? » (…)
Allocution à la J.I.C.F. belge (26 juillet 1955)
« L’homme “qui voit tout” est porté, sans s’en rendre compte, à réduire la faculté pleinement spirituelle de lire au-dedans des choses, c'est-à-dire de l’intelligence, à devenir toujours moins capable de mûrir les idées vraies dont la vie se nourrit ».
Message de Noël 1957
« Force est bien de constater que le développement des techniques de diffusion au XXe siècle a posé un problème nouveau et sans doute plus grave. Ce n’est plus seulement celui de l’emploi bon ou mauvais, que l’homme et la société peuvent faire de ces puissants moyens d’action mis à leur disposition ; c’est celui de l’emprise démesurée que l’instrument échappant au contrôle de son auteur, tend à prendre aujourd’hui sur la personne humaine. (…) L’irruption, dans notre société, des modernes techniques de diffusion menace l’homme dans son autonomie spirituelle. Par la pression d’une information dirigée, par la séduction de l’image, par l’obsession de la propagande, voici désormais que l’action conjuguée de la presse, de la radio, du cinéma ou de la télévision parvient à façonner à son insu la conscience de l’individu : elle envahit peu à peu son univers mental et détermine des comportements qui se croient spontanés. »
Lettre de Mgr Dell’Acqua (au nom de Pie XII) à la 42e Semaine Sociale de France, 14 juillet 1955
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