... ou un pharisien. Pick one...
Hors de l'Eglise pas de salut? Vous pensez bien que le Cal Journet s'est exprimé (comme bien d'autres) là -dessus. En voici un extrait (court parce que le sujet est évoqué sur plusieurs pages):
Le mystère de l'axiome.
Ainsi donc, il faut tenir, selon le Nouveau Testament:
1° qu'il n'y a pas de salut sans appartenance au Christ et à son Eglise;
2° que certains pécheurs, privés de la charité, appartiennent au Christ et à l'eglise mais d'une manière stérile, non salutaire: ils sont pareils à ce figuier dont on attend chaque année les fruits avant de le couper;
3° que certains justes, qui n'appartiennent pas encore corporellement au Christ et à l'Eglise, leur appartiennent pourtant spirituellement, d'une manière initiale, tendancielle, déjà salutaire: ils sont pareils à ces brebis de bonne volonté qui, entravées par quelqu'une des formes de l'ignorance invincible, sont en marche, sans toujours le savoir, vers le seul troupeau régi par le seul berger.
La nécessité de l'appartenance au Christ et à son Eglise, que nous révèle l'Ecriture, est un mystère unique et simple, mais si profond que nous ne pouvons le saisir que par une suite de propositions complémentaires, contraignant l'intelligence du croyant à passer au delà , jusqu'au silence d'un regard de foi. Pour ceux qui ne vont pas si haut, qui disjoignent l'Eglise et le Corps du Christ, l'appartenance à l'Eglise et l'appartenance au Christ, ou encore qui considèrent l'Eglise sur le patron des pures sociétés humaines, l'axiome: "Hors de l'Eglise pas de salut" perd aussitôt sa lumière. Il ne peut plus être qu'un slogan dont s'emparent, en des sens contraires, pour le durcir ou le répudier, les fanatiques.
Mais l'on peut également citer le magistère si vous lui êtes plus sensible (ce dont nous doutons un peu ici, mais bon...). Voici un extrait (cité par le Cal Journet également) d'une lettre du Saint-Office à l'archevêque de Boston datant du 8 août 1949:
Pour qu"une personne obtienne le salut éternel, il n'est pas toujours exigé qu'elle soit visiblement, reapse, incorporé à I'Église comme membre; mais il est pour le moins requis qu'elle y adhère par le propos et le desir, voto et desiderio.
Cependant, il n'est pas toujours nécessaire que ce propos soit explicite, comme il l'est chez les catéchumènes; lorsqu'une personne est dans l'ignorance invincible, Dieu accepte même son propos implicite, ainsi nommé parce qu'il est inclus dans la bonne disposition de l'âme, par laquelle I'homme veut rendre sa volonté conforme à la volonté de Dieu.
On ne peut rien affirmer sur le salut d'un homme (excepté les canonisés). Si vous étiez témoin du suicide d'un homme qui se jette d'un pont dans un fleuve, vous affirmeriez à qui veut l'entendre que celui-ci est certainement damné. A l'inverse, le curé d'Ars affirmait dans un cas similaire que l'homme en question avait eu le temps de se repentir et de se convertir avant d'atteindre le fleuve. Vous voyez? Les choses ne sont pas "évidentes" pour qui sait qu'en la matière, précisément on ne sait pas grand chose.
Nous aurons bien des surprises au Paradis. Nous ne manquerons pas d'y retrouver des personnes qu'on aurait cru en enfer...
Athanasios