Dans ses derniers jours, Marie-Antoinette n'eut que deux soucis : son Dieu et sa famille.
On sait qu'elle fondit en sanglot lorsque le 21 janvier au matin, les canons résonnèrent pour "fêter" l'assassinat de son époux. Elle fut émue jusqu'aux larmes quand on lui appris l'une des dernières pensées de Louis XVI :
"Que la Reine, mon épouse, sache que je n'ai jamais douté d'elle ; que je n'aurais pu faire meilleur mariage et que de tout mon coeur je l'ai aimée"
Elle retrouva un peu de consolation auprès de ses enfants...mais même cela la république devait lui oter ! Nous avons tous en mémoire ses gravures et tableaux déchirants où Marie Antoinette se jette aux pieds de ses geoliers alors qu'ils lui arrachent ses enfants des bras. Ce fut sans doute le seul instant où la Reine implora, supplia ses bourreaux...mais elle devait boire la coupe jusqu'à la lie...
Quels sentiments d'horreur et d'effroi a-t-elle dû éprouver lorsqu'on produisit à son procés une accusation du petit Louis XVII : accusation d'inceste contre sa mère et sa tante.
"J'en appelle à toutes les mères" fut la seule phrase que la douleur lui permit de prononcer.
Imagine-t-on un seul instant cette "mère des douleurs" pleurer sur le sort de ses enfants qu'elle savait battus, violés, saoulés...Sans doute a-t-elle confié à la Tres Sainte Vierge le désespoir d'une mère devant les souffrances de ses enfants.
Elle écrivit d'ailleurs à sa belle soeur, elle aussi, accusée d'inceste :
" J'ai à vous parler d'une chose bien pénible à mon coeur. Je sais combien cet enfant doit vous avoir fait de peine. Pardonnez-lui, ma chère soeur. Pensez à l'âge qu'il a, et combien il est facile de faire dire à un enfant ce qu'on veut, et même ce qu'il ne comprend pas "
Et puis elle se confiait à Dieu, remetant son sort entre les mains de son sauveur :
" Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, celle ou ai ete élevée et que j'ai toujours professée; n'ayant aucune consolation spirituelle à attendre, ne sachant pas s'il existe encore des prêtres de cette religion, et même le lieu où je suis les exposerait trop s'ils y entraient une fois, je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que j'ai pu commettre depuis que j 'existe."
" Adieu, adieu, je ne vais plus m'occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre de mes actions, on m'amènera peut-être un prêtre; mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot et que je le traiterai comme un étranger."
Au dernier jour de son calvaire, la Reine coupa elle-même ses cheveux. Exténuée, transie, car il fait froid, elle s'étendit ensuite sur sa paillasse et, les pieds enveloppés d'une couverture, s'endormit pour peu d'instants.
Elle est réveillée par l'entrée du curé constitutionnel de Saint-Landry, Girard, qui vient lui offrir ses services. Le sachant jureur, elle le renvoie :
" Dieu a pourvu à mon secours " lui dit-elle.
Un ange aurait-il été envoyé du Ciel pour lui apporter les derniers Sacrements. C'est du moins ce que certains ont prétendu et ce fait fut retenu dans la constitution de son dossier de béatification.
Inutile de revenir sur les ultimes humiliations : la charrette découverte, les crachas, les mains ligotées dans le dos, les insultes...
La foule avinée était tellement excitée que les autorités crurent un instant qu'elle serait dépecée avant l'arrivée à l'échafaud...
Je crois que ce martyr mérite bien des messes. Et, si il est courant de voir des messes pour Louis XVI, elles sont bien trop rares pour Marie Antoinette.
A quelques jours du 16 octobre, je vous encourage donc tous à demander à votre prêtre qu'il célébre une messe pour le salut (en-a-t-elle besoin ?) pour cette Reine qui triomphe désormais avec la Reine du Ciel. |