En résumé, le problème, c'est que l'Eglise n'a jamais rien fait pour résoudre la crise qui la secouait et qui la secoue toujours. L'Eglise n'a pas enseigné l'erreur ; elle a arrêté de la condamner, avec les conséquences que l'on sait.
La Réforme, par exemple, avait été une crise immense, profondément douloureuse. La Contre-Réforme était une réponse géniale, qui a porté de très nombreux fruits. Aujourd'hui, plutôt que de purifier le catholicisme pour le renforcer face à ce qui veut le détruire, on laisse pénétrer la division et la discorde. L'aggiornamento fut, et est toujours une véritable catastrophe.
Paul VI était ferme en matière de moeurs ; voilà tout. Et encore : Humanae vitae est bien tardive, et assez écartée de l'enseignement de Pie XII sur le mariage. Le pape s'est bien gardé de condamner les évêques qui riaient au nez de son encyclique.
En matière de doctrine, en tout cas, vous plaisantez. Paul VI a laissé tout dire et tout faire, mis à part en ce qui concernait Mgr Lefebvre et les siens. Il reste le Credo du peuple de Dieu. Certes, et c'est important. Mais quelle application concrète ? Quelles mesures pour que cette déclaration de principe ait une portée quelconque ? Que Paul VI ait sauvé l'honneur et l'intégrité de l'Eglise, comme ses successeurs, je suis entièrement d'accord pour l'affirmer. Mais il n'a, pour moi, rien fait qui puisse permettre à l'Eglise, en Occident, de retrouver une quelconque vitalité. |