...n’étaient pas théologiens, et cependant c’est d’abord à eux que s’adressait saint Paul, et il ne les incitait certes pas à pratiquer le libre examen. Il partait au contraire d’un critère objectif : l’absence de contradiction avec l’enseignement antérieur de l’Eglise.
Que cette absence de contradiction soit plus aisément discernable par un théologien que par un simple fidèle, c’est assez naturel, mais le devoir demeure identique (même si le degré de responsabilité de chacun ne sera apprécié en toute justice qu’au jour du jugement).
En s’appuyant sur la mise en garde de Jésus vis-à-vis des “faux prophètes”, saint Robert Bellarmin (
De Membris Ecclesiæ, Lib. I
De Clericis, cap. 7) énonce pratiquement la même règle :
Il est vrai que le peuple doit discerner le vrai prophète du faux, mais non par une autre règle que celle-ci : observer attentivement si celui qui prêche dit le contraire de ce que disaient ses prédécesseurs (...)
A quoi le saint cardinal ajoute :
Il faut observer en outre que le peuple peut certes, par la règle que nous avons posée, discerner le vrai prophète du faux, mais qu'il ne peut pas pour autant déposer le faux pasteur s'il est évêque, et en substituer un autre à sa place. Car le Seigneur et l'apôtre ordonnent seulement que les faux prophètes ne soient pas écoutés par le peuple : mais non pas que le peuple les dépose.
Le jugement porte donc, non sur la personne qui enseigne, mais sur l’enseignement lui-même.
V.