... il n'écrit pas pour rien. Mais concrètement, qui est habilité pour juger si telle ou telle doctrine est conforme ou non avec l'Evangile annoncé par les Apôtres ? Ailleurs, le Christ ne dit-il pas qu'il ne faut pas juger selon les apparences, mais selon la justice ? Ne nous a-t-on pas appris que le siège de Pierre demeurait pur de toute erreur ? Certes, on a noirci des milliers de pages à ce sujet, mais on en a fait autant sur la condition de l'humanité et de la création en état d'innocence ou sur les fins dernières.
Pour ma part, je ne suis pas théologien, dogmaticien, moraliste, apologiste, ou que sais-je d'autre encore. Ne ferais-je pas preuve d'audace en remettant en cause ce qui apparaît être le magistère de l'Eglise, qui plus est solennel dans le cas de Vatican II ? Qui suis-je pour en juger ? Pourquoi devrais-je croire quelques individus plutôt que d'autres, chacun avec leurs arguments qui échappent à mon intelligence et engendre la confusion ? Ma foi, s'il n'y a ne fut-ce que l'ombre d'une interprétation favorable à la continuité du magistère, cela devrait suffire.
Enfin de compte, est-ce à dire que saint Paul fait la promotion du libre examen ? J'en doute. Si ce qu'il dit s'adresse à tout chrétien, alors l'hérésie dont il est question doit être nécessairement obvie et accessible sans qu'il soit nécessaire d'avoir fait bac +12. Si un Pape enseigne que le Christ n'est pas le Fils de Dieu, alors oui, je mettrai sans doute en pratique ce que dit saint Paul. Pour les arguties qui me dépassent, je suivrai celui qui occupe le Siège de Pierre. Au tribunal divin, j'imagine mal être confondu et que cela me soit imputé comme injustice.
Ath |