- vous n'apportez pas d'explications à mes interrogations :
a) pourquoi 2 choix hors profil et pas d'autres ?
b) pourquoi ce que saint Pie X, Pie XI, Paul VI et Jean-Paul II ont fait serait impossible pour Benoît XVI ?
Je manque cruellement de compétence pour vous répondre. Je hasarderais deux hypothèses qui ne me semblent pas impossibles :
a) L'occasion fait le larron. Dès qu'il a été possible de faire des nominations « hors profil », elles furent faites, mais l'occasion ne s'est pas présentée de réitérer ce genre de nominations (on peut même supposer par exemple qu'
on a œuvré pour en limiter la possibilité).
b) j'ai très peu de connaissances sur ce que ces papes ont fait et sur comment ils l'ont fait. En revanche, j'imagine que la situation n'est pas la même et que ce qui a été possible à un moment ne l'est pas forcément aujourd'hui. Peut-être aussi que le tempérament du pape, plus posé et patient (ou lent) que d'autres, changent aussi la manière de voir les choses et d'envisager les changements.
Mais dès lors, saint Pie X, Pie XI, Paul VI et Jean-Paul II étaient tous animés par le désir de "faire plus de mal" ? ou dotés de pouvoirs surnaturels ? Puisqu'ils ont tous fait ce que vous considérez impossible pour Benoît XVI
Notez que je ne le considère pas spécialement impossible. Il se trouve juste qu'avant de condamner quelqu'un, j'ai tendance à essayer de vérifier qu'il n'y a aucune explication permettant de considérer que le « suspect » est de bonne foi.
En l'occurrence, le processus de nomination m'est très mal connu et j'ai donc du mal à me prononcer pour une culpabilité certaine de Benoît XVI.
A vous de trouver une "explication convaincante" qui soit autre que "tout ce que dit, ne dit pas, fait, ne fait pas le pape est toujours excellentissime en toute circonstance"...
La preuve est à la charge de l'accusation, non ? Moi, je pars sur l'
a priori de la bonne foi du Pape. Il me semble que ce n'est pas un
a priori malsain.
Maintenant, cela ne veut pas dire que le Pape fait toujours et en toutes circonstances les meilleurs choix. Mais que ses choix, même faillibles, peuvent être faits (jusqu'à
preuve du contraire) en vue d'une bonne fin, cependant.
L'historien (et l'analyste) se doit d'examiner les faits, quelle que soit sa sympathie et son respect pour les acteurs de l'histoire.
L'historien, cependant, travaille sur le passé. Je ne suis pas très client de la tendance « histoire immédiate » qui voudrait appliquer les méthodes historiques à l'actualité.
Quant à l'analyse, il me semble qu'il est difficile de l'amener jusqu'au procès d'intention. Le fait est : la lenteur du changement du paysage épiscopal français. En conclure que c'est une volonté expresse du Pape ne me semble pas une nécessaire conclusion, avant d'avoir envisagé toute autre possibilité (comme par exemple, qu'il ne trouve pas de solution à une transformation qui, dans l'esprit gallican qui perdure en France, ne risque pas de mettre sens dessus dessous l'Église de France).
L'autre différence tient aux efforts soutenus, ayant porté leurs fruits, de Jean-Paul II pour renouveler l'épiscopat américain bien plus en profondeur que ce qui a été fait pour la France.
C'est une différence qui semble très intéressante. Et comment expliquez-vous ce renouvellement outre-atlantique qui n'a pas eu lieu en France ? Pourquoi Jean-Paul II aurait renouvelé l'épiscopat américain, et pas l'épiscopat français ?
Il faudra des explications particulièrement "convaincantes" pour me démontrer qu'il n'y a aucun Raymond Burke, aucun Chaput, aucun Timlin, aucun Bruskewitz etc. dans l'ensemble du clergé français. Je suis beaucoup moins pessimiste que vous sur ce point.
Je n'ai guère d'éléments sur ce sujet. Mais j'ai cru comprendre que même Mgr Centène, certes traditionnel, n'est pas vraiment « trads-friendly » et qu'il préfère un clergé diocésain plutôt que de recourir à des instituts tradis.
Vous avez des noms ?
Je prie et continue d'espérer pour que le Pape change de thérapie pour la France.
Moi, je prie pour qu'il emploie la meilleure thérapie et pour que son jugement sur la bonne thérapie à employé soit plus éclairé que le mien car, je ne vous le cache pas, j'ai tendance à penser qu'il faudrait passer aux antibiotiques. Mais moi, je ne suis pas médecin...
Thomas