Vous cherchez à opposer les papes les uns aux autres. En l'occurrence, Pie IX d'une part, Paul VI, Jean Paul Ier, Jean Paul II et Benoît XVI d'autre part. En effet, ces derniers "qui professent les opinions énoncées non infailliblement [selon vous] par Dignitatis Humanae tombent [selon vous] sur le coup de la condamnation solennelle proclamée par le même bienheureux Pie IX dans la même encyclique Quanta Cura". 4 papes condamnés...
Je ne suis pas théologien, je ne peux pas entrer dans une controverse théologique sur vos développements hasardeux.
Juste quelques remarques en vrac : quelles sont les conséquences de votre position ? L'Etat devrait faire raser les mosquées, temples et synagogues ? L'Etat devrait interdire les écoles et la presse musulmane, boudhiste, protestante ? L'Etat devrait faire la guerre aux pays non catholiques ?
Sur la supposée infaillibilité de la phrase de Quanta Cura que vous isolez de son contexte : un pape serait-il infaillible s'il voulait définir comment et pour quoi l'autorité civile doit employer la force ? Il me semble que cela appartient à César. Le pape peut émettre un avis, par exemple approuver (Lépante) ou non (Irak) telle ou telle opération militaire, mais là il n'est pas infaillible.
Votre position me paraît plus dans l'esprit du Coran que dans celui des enseignements des évangiles. Jésus n'a-t-il pas ordonné à Pierre de remettre l'épée au fourreau ? L'épée de Pierre était brandie contre les ennemis de Jésus, donc contre les ennemis de la Foi catholique. Pierre avait tort, ce n'est pas par l'épée que la Foi doit être défendue.
L'inégalité de traitement que vous demandez au pouvoir politique à l'encontre des autres religions, en notre faveur, ne contredit-elle pas la règle d'or : "tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous -mêmes pour eux" (Matthieu 7, 12) ?
Vous contestez la liberté des non-catholiques d'agir en public, selon leur conscience : c'est leur imposer une forme de dhimmitude.
Pour ces raisons, votre tentative d'opposer les autorités de l'Eglise les unes aux autres, les papes contemporains à un ancien pape (à l'heure où Benoît XVI consacre ses forces à travailler à la restauration de l'unité), me paraît mal venue. Je n'ai pas la compétence théologique pour répondre en théologien, d'autres pourront sans doute le faire, si cela n'a pas déjà été fait. Je m'en tiens à l'obéissance à l'Eglise, qui m'enseigne que ce n'est pas à l'Etat de combattre le paganisme ou les autres religions : c'est à chacun de nous d'annoncer la bonne nouvelle en cherchant à éclairer et à toucher les coeurs, sans user de la contrainte. |