Pour la Nef, Yves Chiron a interrogé « Mgr Alessandro Maggiolini, évêque de Côme depuis 1989. Il a été l’unique Italien à participer aux travaux de rédaction du Catéchisme de l’Eglise catholique. Il vient de publier en Italie un livre remarqué, Fine della nostra christianità . » J’y reviendrai dans un autre fil de discussion. J’insère ici même sa réflexion au sujet des démarches de repentance.
« La Nef : Que pensez-vous de certains dialogues non contrôlés envers des communautés chrétiennes non-catholiques et les religions non catholiques ?
Mg Alessandro Maggiolini : Je suis candidement convaincu que l’Eglise sera utile à toutes les formes religieuses quand elle sera vraiment catholique, c’est-à -dire quand elle aura récupéré sa propre identité religieuse, la pratiquera sans hésitation et la proposera sans peur. Je peux comprendre les motifs diplomatiques ou symboliques qui inspirent des pratiques comme les demandes de pardon de la part de l’Eglise et des rapprochements peut-être pas entièrement justifiés avec différentes dénominations religieuses. Je ne réussis pas à admettre pleinement ces gestes d’un point de vue strictement théologique. En revanche, j’observe la confusion que ces gestes peuvent provoquer chez les gens « simples » : j’inclus parmi ces personnes aussi beaucoup d’intellectuels. Il peut y avoir quelque utilité, « de bon ton », dans les rapports avec les responsables des autres confessions chrétiennes et religieuses. Je doute que ce gain compense les équivoques provoquées. »