Ne pas s'intéresser au destin de la cité et passer son temps à gémir est un grave manquement à la charité et un égoïsme qui ne veut pas dire son nom. Aimer la France, militer, c'est aimer son procahin, mais en beaucoup plus large.
Entièrement d'accord: la catholicité n'est pas une nationalité, et toute confusion aboutit à des résultats désastreux, tant pour la cité que pour la foi. Il est tout à fait normal de remarquer que la France est lié au catholiscisme, qu'il peut même exister une certaine harmonie. Mais le danger avec une trop grande identification est de tomber dans un certain fidéisme: on ne peut être un bon français que si l'on est catholique. Il y a des risques de dérives, car on finit par tout surnaturaliser et à introduire la foi dans des domaines où elle n'est pas compétente. On pourrait continuer: on ne peut bien manger que si l'on est catholique, etc... Cela ne peut qu'aboutir à un certain gnosticisme: la nature est forcément mauvaise. Cela signifierait donc que tout le naturel est mauvais. Comme si la Révélation détruisait la nature, alors qu'elle la confirme !
Il y aurait grand besoin de relire Péguy, car il est impossible d'avoir du surnaturel là où la nature est négligée: l'arbre de la grâce est raciné profond ! Dans l'un des éditoriaux de Fideliter (numéro consacré au génie de la langue française), je crois que l'abbé Laurençon a développé une argumentation allant dans ce sens.
Quand on néglige la cité temporelle, il y a deux perdants: le temporel et le surnaturel; au contraire, quand on vient à s'occupper d'elle, non seulement la cité temporelle est gagnante, mais le surnaturel a plus de chances de l'emporter.
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Rassurez-vous Torquemad, j'ai bien lu le livre du Bachaga Boualam, il y a quelques années de cela. Je crois qu'il a été réedité.