« C'est votre interprétation de la lettre de Mgr Doré. Toujours est-il qu'en terme de progressisme, celui-ci ne doit pas avoir grand'monde à sa gauche...et on peut dire que dans ce que vous publiez, les critiques sur la pastorale diocésaine ou les scandaleuses homélies de votre évêque ne pleuvent pas. Quoique vous en disiez, vous êtes donc tenus. »
Détrompez-vous Mgr Doré est plutôt « centre-gauche » et il existe au sein du diocèse de Strasbourg une minorité active qui est très opposée à Mgr Doré qu’elle juge trop frileux et auquel elle reproche bruyamment l’existence de notre communauté…. Pour ce qui est de l’absence de critique de la pastorale, vous vous reporterez à l’éditorial de février-maris 2003, publié sur le site, qui un rappel de la nécessité de la confession individuelle et une condamnation des absolutions collectives, avec un rappel des directives romaines très fermes sur le sujet. Quand on sait que cette pratique est très largement répandue dans le diocèse de Strasbourg, avec l’approbation, au moins tacite, de l’archevêché, on ne peut pas ne pas voir de la part de l’abbé Gouyaud une prise de position courageuse dans la mesure où elle remet en cause un point très important de cette « pastorale diocésaine. » Vous pourrez aussi vous reporter à l’éditorial de décembre 2002 qui est une critique de « l’esprit de Vatican II ». L’abbé Gouyaud y écrit notamment : « Selon J. Ratzinger, cependant, ce que certains désignent par " l'esprit du Concile " n'est qu'un " KonzilUngeist ", un anti-esprit, et il convient de " revenir aux textes authentiques de l'authentique Vatican Il ". (…)Il convient certes de prendre acte des " changements de problématiques " intervenus du fait de la prise en compte par l'Eglise des valeurs positives, au-delà de leur ambiguïté, de la modernité , mais en postulant résolument la fidélité du Concile à la Tradition (vivante) de l'Eglise. Il s'agit donc d'interpréter le Concile à la lumière de la Tradition. » Affirmer sans réserve que les abbés ont adopté, comme vous l’écrivez, « l’Eglise de Vatican II », avec toute la charge émotive, idéologique et partisane que confèrent ces termes, est faire preuve de cécité, ou pire, de malhonnêteté intellectuelle. Enfin, il me semble que si les abbés ont changé en acceptant de concélébrer ponctuellement la Messe de Paul VI, c’est pour rester « intégralement » fidèles, dans la mesure où l’acceptation de la célébration du même rite est la manifestation visible que leur reconnaissance du Siège de Pierre et du rite par lui approuvé n’est pas qu’une pure concession verbale. Maintenant, si vous pensez qu’il est intrinsèquement mauvais de dire la messe de Paul VI et d’y participer, alors dites nous clairement. Vous reconnaîtrez ainsi que la plupart des membres de l’Eglise fait un péché au moins objectif et que l’Autorité, malgré les promesses de Jésus, a donné à ses fils une pierre indigeste à ses enfants qui lui demandaient du pain (Mt 7 , 9). Alors, pour être totalement cohérent, il faudra, comme l’écrit le Père Bonino, inévitablement conclure avec les sédévacantistes que le magistère n’est plus le Magistère.
Cordialement
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