j'y vais pour rendre à Dieu le culte qui lui est dû, en tant que membre du Corps mystique du Christ puisque "La Liturgie est "action" du "Christ tout entier" ( "Christus totus" )" (CEC 1136) par laquelle "tous les fidèles [sont] amenés à cette participation pleine, consciente et active aux célébrations liturgiques, qui est demandée par la nature de la liturgie elle-même et qui est, en vertu de son Baptême, un droit et un devoir pour le peuple chrétien "race élue, peuple royal, nation sainte, peuple racheté" (1 P 2, 9 ; cf. 2, 4-5) (SC 14) (CEC 1141) Ainsi, dans la célébration des sacrements, c'est toute l'assemblée qui est "liturge", chacun selon sa fonction, mais dans "l'unité de l'Esprit" qui agit en tous. "Dans les célébrations liturgiques, chacun, ministre ou fidèle, en s'acquittant de sa fonction, fera seulement et totalement ce qui lui revient en vertu de la nature de la chose et des normes liturgiques." (SC 28) (CEC 1144)
"En outre, plus que par le passé, on a fait connaître aux fidèles qu'ils forment tous ensemble un seul corps, très étroitement uni, dont le Christ est la tête et que le peuple chrétien a le devoir de participer, à sa juste place, aux rites liturgiques." "Il est donc nécessaire, Vénérables Frères, que tous les chrétiens considèrent comme un devoir principal et un honneur suprême de participer au sacrifice eucharistique, et cela, non d'une manière passive et négligente et en pensant à autre chose, mais avec une attention et une ferveur qui les unissent étroitement au Souverain Prêtre, selon la parole de l'Apôtre : " Ayez en vous les sentiments qui étaient dans le Christ-Jésus " (Ph II, 5) offrant avec lui et par lui, se sanctifiant en lui." "Ces vérités sont de foi certaine ; les fidèles cependant offrent, eux aussi la divine Victime, mais d'une manière différente. Ceci a déjà été très clairement affirmé par certains de Nos prédécesseurs et par les docteurs de l'Église. " Non seulement - ainsi parle Innocent III, d'immortelle mémoire - les prêtres offrent, mais aussi tous les fidèles, car ce qui s'accomplit d'une manière spéciale par le ministère des prêtres se fait d'une manière universelle par le v?u des fidèles " (De Sacro Altaris Mysterio, III, 6), Et Nous aimons à citer en cette matière au moins une affirmation de saint Robert Bellarmin, prise entre beaucoup d'autres : " Le sacrifice, dit-il, est offert principalement dans la personne du Christ. C'est pourquoi l'offrande qui suit la consécration atteste en quelque sorte que toute l'Église consent à l'oblation faite par le Christ et offre avec lui " (De Missa, I, cap. 27)." (Pie XII, Mediator dei - qui développe considérablement et dans les termes repris par Vatican II le sacredoce commun des fidèles)
Dire qu'on peut se passer de participer à la liturgie, soit, mais cela est dit pour signifier la valeur objective du sacrement dont la sainteté précède les effets lors de sa manducation, non pour se dispenser de participer activement à l'oblation et à l'action de grâce selon notre état. Sinon on pourrait croire alors qu'on peut se passer de dire le chapelet, de prier les saints, et bien d'autres choses...
Il n'y a pas de fixation quant à la "participatio actuosa", encore moins opposition, mais bien une façon d'unir autant que possible le Corps et la Tête du Christ pour que la liturgie devienne "action" du "Christ tout entier". Mais autres sont (je suppose) les effets du sacrifice offert selon les intentions du rituel et autres ceux de la manducation du Corps du Christ qui nous fait participer, précisément par l'incorporation au Christ, à sa mort et sa résurrection et en définitive à sa propre vie divine. Ce serait dommage de s'en priver, ainsi que de s'abstenir de rendre grâces dans l'action liturgique prévue également à cet effet en pratiquant les pieux exercices qu'on ne peut considérer comme l'idéal de la célébration liturgique.
Je souscris en grande partie aux différents aspects que vous relevez, mais je pense qu'on peut faire beaucoup mieux en offrant le sacrifice du Christ par une participation active et consciente sans pour autant y voir une tentative de sabordage de la doctrine mais bien un "plus" qu'on aurait tort de négliger.
Athanasios
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