| Auteur : Athanasios D. |
| Sujet : St Thomas, sur l'Eucharistie... |
| Date : 2002-11-11 19:32:12 |
Si cela peut vous servir, voici un copié-collé depuis le commentaire se Saint Thomas d'Aquin sur l'Evangile de Saint Jean. Il fait une parenthèse sur le sacrement de l'Eucharistie lors de son commentaire sur le discours de Jésus sur le Pain de Vie (très édifiant, ça m'a fait aller à la messe quotidiennement du jour au lendemain, une vraie conversion)
Athanasios -désolé pour le témoignage gnangnan
Le sacrement de l’Eucharistie.
960. Nous pouvons ici, à propos de ce sacrement, prendre quatre points en considération : l'espèce, l'autorité de celui qui l'institue, la vérité du sacrement et son utilité. L'espèce de ce sacrement est le pain : Venez et mangez mon pain . La raison en est que c'est le sacrement du corps du Christ. Et le corps du Christ est l'Église qui, à partir de la multitude des fidèles, s'érige dans l'unité d'un corps. C'est donc le sacrement de l'unité de l'Église : Nous sommes un seul corps dans le Christ . Ainsi, parce que le pain est fait de grains multiples et divers, il est l'espèce convenant à ce sacrement : ET LE PAIN QUE MOI JE DONNERAI, C'EST MA CHAIR.
961. L'auteur de ce sacrement est le Christ. De fait, bien que le prêtre consacre, c'est le Christ lui-même qui confère au sacrement sa vertu parce que le prêtre consacre en la personne du Christ [in persona Christi]. Aussi, dans les autres sacrements, le prêtre fait usage de ses propres paroles — c'est-à-dire celles de l'Église —, mais dans celui-ci, il reprend les paroles du Christ, parce que, de même que le Christ a livré son corps à la mort de sa propre volonté, de même c'est par sa puissance qu'il se donne en nourriture : Prenant le pain, il le bénit et le rompit, le donna à ses disciples et dit : Prenez et mangez, ceci est mon corps . Et c'est pour cela qu'il dit : QUE MOI JE DONNERAI ; et il dit DONNERAI parce que ce sacrement n'avait pas encore été institué.
962. Quant à la vérité de ce sacrement, il la laisse entendre en disant : C'EST MA CHAIR. Il ne dit pas « signifie ma chair » mais EST MA CHAIR, parce que selon la vérité de la réalité, la nourriture prise est vraiment le corps du Christ : Les hommes de ma tente n'ont-ils pas dit : Qui donnera de sa chair pour que nous soyons rassasiés ? Mais puisque dans ce sacrement est contenu le Christ tout entier, pourquoi a-t-il dit seulement : C'EST MA CHAIR ? Sur ce point, il faut savoir que dans ce sacrement d'amour , le Christ tout entier est vraiment contenu, mais alors que le corps y est contenu en vertu de la conversion [des espèces] , la divinité et l'âme, elles, y sont par concomitance naturelle. En effet, si par impossible la divinité était séparée du corps du Christ, elle ne serait plus dans le sacrement. De même si, au cours des trois jours de sa mort, quelqu'un avait consacré, l'âme du Christ n'aurait pas été présente, mais son corps, tel qu'il était en Croix ou au Sépulcre. Et il dit CHAIR aussi pour une autre raison : puisque ce sacrement est le mémorial de la Passion du Seigneur — Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur —, et que la Passion du Seigneur fut possible grâce à la faiblesse du corps — Il a été crucifié à cause de sa faiblesse —, pour signifier cette faiblesse à cause de laquelle il est mort, il préfère dire CHAIR ; ce nom, en effet, signifie la faiblesse.
963. Enfin, l'utilité de ce sacrement est grande et universelle. Elle est grande parce qu'elle produit en nous dès maintenant la vie spirituelle, et finalement la vie éternelle, ainsi qu'on l'a dit . En effet, comme l'a fait apparaître l'exposé, puisque ce sacrement est celui de la Passion du Seigneur, il contient en lui le Christ souffrant ; donc, tout ce qui est effet de la Passion du Seigneur l'est aussi en plénitude de ce sacrement. Ce sacrement n'est en effet rien d'autre que la Passion du Seigneur qui nous est communiquée. En effet, il ne convenait pas que le Christ soit toujours avec nous selon [le mode de] sa présence [physique]. Pour cette raison, il a voulu y suppléer par le moyen de ce sacrement. Il est ainsi évident que la destruction de la mort que le Christ a opérée en mourant et le renouvellement de la vie qu'il a réalisé en ressuscitant sont l'effet de ce sacrement.
964. Son utilité est aussi universelle, parce que la vie qu'il confère n'est pas seulement la vie pour un homme, mais, quant au sacrement, pour le monde entier, vie à laquelle la mort du Christ suffit : Il est lui-même expiation pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier . Il faut remarquer qu'autre est la manière dont le Christ est dans ce sacrement, autre celle dont il est dans les autres. En effet, les autres sacrements ont des effets sur un individu ; dans le baptême par exemple, seul le baptisé reçoit la grâce. Mais dans l'immolation de ce sacrement, l'effet est universel, puisque non seulement le prêtre en bénéficie, mais aussi ceux pour lesquels il prie et toute l'Église, tant celle des vivants que celle des morts, et cela parce qu'en lui est contenue la cause universelle de tous les sacrements, c'est-à-dire le Christ . Cependant, si un laïc consomme ce sacrement, celui-ci n'est pas utile aux autres s'il est considéré dans sa puissance propre de sacrement, en tant qu'il est consommé ; mais en vertu de l'intention du célébrant et du communiant, il peut être communiqué à tous ceux vers qui ils dirigent leur intention. Il ressort de là que les laïcs qui consomment l'Eucharistie pour le salut de ceux qui sont dans le purgatoire sont dans l'erreur.
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