Vous n'avez pas complètement tort. Mais - à propos des théologiens, comme des fidèles, les ravages ne viennent à mon avis pas de ce que le Concile a dit (car rien dans ce qu'il dit n'autorise les élucubtaions d'un Hans Küng) mais, d'une certaine manière, de la conjonction avec 1968. Le grand message du Concile au monde : "l'Eglise regarde favorablement tout ce qui va dans le sens de la vérité, y compris dans ce qui n'est pas elle" a été compris comme un pur et simple relativisme. Mais, relisez les textes de Vatican II, il n'est pas question de cela.
Quand à la présence réelle... certes, ce que vous citez ne m'étonne pas. Hélas. Mais quel sens sommes nous capable de donner à ce dogme (c'est à dire : non pas, pourquoi faut-il le croire, mais en quoi la présence réelle est elle salvifique). Et là encore, Vatican II n'a rien à faire ici.
Autre chose : ne pas confondre le fond ( à quoi nous croyons) et la forme (les mots sous lesquels nous disons le fond) : la forme peut toujours être interrogée par le théologien. Exemple : comment penser le dogme de la trans-substantiation dans un contexte philosophique qui n'est plus aristotélicien ? (le mot de substance venant d'Aristote...) Et derrière, si nous ne "croyons plus" que les choses soient "composées" d'une substance et d'un accident (choses qui ne font pas partie de la vérité révélée), comment redire ce que nous voulions dire lorsque nous disons que, dans le pain consacré, corps du Christ, et dans le vin consacré, Sang du Christ, le pain et le vin sont les accidents, le corps et le sange la substance ? Je ne suis pas aristotélicien. Et pourtant je crois que le pain cons&acré est le corps du Christ, que le vin consacré est le sang du Christ.
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