Je vous remercie de votre précision, la décision des évêques n'a donc en elle-même rien qui puisse nous troubler, sinon le caractère encore une fois étrange qui vise à dissuader les personnes qui se mettent à genoux.
A prirori et hors contexte, il s'agit d'une décision qui montre bien que le rite peut évoluer et qu'une tradition liturgique ne peut être figée, fossile. Ce qui me gêne, je l'avoue, c'est le caractère peut-être trop 'doctrinaire' et pas vraiment doctrinal, pour le coup. Lorsque des transformations ont faites, elles ont rarement pris un caractère binaire, c'est à dire tranchant radicalement entre ce qui était une pratique courante avant la décision et après cette décision.
Je vais vous raconter une anecdote qui m'avais beacoup frappé à ce sujet. Assistant à une cérémonie eucharistique dans notre paroisse étudiante, des étudiantes s'étaient mise à genoux pendant la Consécration. Le prêtre avait interrompu sa célébration en disant "debout, on ne se met pas à genoux" et ça m'avait un peu interloqué et même franchement agacé.
Lutter contre une tentation du "talibanisme" dans le rite catholique est certainement un des objectifs de nos évêques. Il ne faut pas oublier le soucis de Pie XII lorsqu'il a rappelé que l'assistance au messe (de rite traditionnel) devait être debout. J'ai assisté à des cérémonies de ce rite dans lesquelles on voit de vieilles bigotte accroupies, pliée en deux sous deux chiffons et baratiner à mi-vois pendant qu'est chantée une antienne ou le "kyrie eleison". Vous serez d'accord pour dire qu'une telle attitude est difficilement supportable, elle s'incrit en contradiction avec l'aspect intrinsèquement collectif de l'acte liturgique.
On peut voir ce même souci d'unificatin dans les cérémonies qui interdisent la réception de la communion à genoux, mais pourquoi ne pas préciser danvantage les dangers de ce 'talibanisme' ? Trop prier est nuisible pour...l'âme ? Je n'en suis pas sûr c'est là où je suis obligé de réinsérer le contexte et de mettre en corrélation les témoignages étonnant de membres d'une communauté américaine qu'il m'avait été possible de rencontrer par un hasard étonnant en passant à l'abbaye de Fongtgombault, où l'on célèbre un rite très pur, mais combien froid et distant, avec l'exclusion de fait des fidèles. C'est sans doute normal pour une abbaye, d'ailleurs, mais...déconcertant. Ces membres avaient expliqués qu'ils étaient l'objet de pressions très fortes pour l'abandon du rite traditionnel par leurs évêques, de manière frénétique, comme MacBeth tentant d'enlever le sang de ses mains. Et là, idem. Incompréhension de ma part. Pouquoi cette frénésie ?
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