| Auteur : Bertrand Décaillet (194.209.178.xxx) |
| Sujet : Non! |
| Date : 2002-08-09 09:11:52 |
Plusieurs choses dans votre message et souvent excellentes, avec lesquelles chacun d'entre nous (et même JM.com, je suppose) ne peuvent qu'être spontanément d'accord, bien évidement. Tous nous aimons la charité, tous nous la voulons, tous nous voudrions briller des vertus surnaturelles... et en faire pâlir nos détracteurs... hm... Allons plus loin : tous nous n'avons qu'un seul amour: Notre-Seigneur Jesus-Christ!
Mais aussi une annalyse qui, sur le fond, passe à côté du sujet, comme très souvent hélas. Commençons par une confidence. Je n'aime pas que l'on considère "ces chamailles" comme superficielles (l'argument revient régulièrement sur le forum), parce que simplement on n'en parçoit pas l'enjeu à sa juste pertinence ("guerre des rites, incompréhension du Concile voire sa non-connaissance généreusement supposée..., la charité des autres" etc... la liste est très longue aussi des incompréhensions entretenues... et qui mène inexorablement à considérer que le combat de la FSSPX , exemple au hasard, est déplacé - évidemment!!!) - Mais cela, cette partialité dans l'approche, c'est une bête question de culture du sujet abordé, si jamais on veut l'abordre: "les traditionalistes" dites-vous.
Sans entrer dans le détail, sans savoir non plus qui vous êtes, hélas!!! (mais reconnaissant un certain style...) je retiens ceci qui est symptomatique d'une réflexion qui est toujours la même et qui en fin de compte relève d'une volonté de non-recevoir de la crise de l'Eglise à sa juste profondeur, ou du moins à l'endroit où Monseigneur Lefebvre (qui reste une référence au moins historique, n'est-ce pas?, cher Monsieur) l'a située. Vous dites notamment :
"C'est une question de liberté que la célébration du rit ancestral..."
Non, Monsieur, Non, non et non! Tout faux! Ca n'est pas cela et le problème des traditionalistes (certains du moins, la plupart du moins)n'est pas du tout là. Certes, je vous entends me répondre que la petite phrase doit être précisée, inféodée à quelques subordonnées complétives et circonstancielles... et je vous entends bien. Il n'empêche que le phrase est certainement l'exacte reflet de votre incompréhension "des traditionalistes".
Le problème lié à la défense du rit pleinement catholique de la messe est substantiellement, indéfectiblement, fondamentalement lié à la doctrine, à la Foi et au salut des âmes. En dehors de la doctrine (notamment la question oecuménique et celle de la liberté religieuse....) la question du rit, est sans intéret, ou, comme vous le dites en substance, en effet périphérique. Voilà donc la question de la réaction traditionaliste, et cela vingt ans au moins avant que n'existe Ecclesia Dei - la réaction traditionaliste est une réaction primaire de survie (non de sacré ou de chamailles subtiles et inutiles !) en dépit de ce que croient beaucoup (qui se disent "traditionalistes" ou qui se font leur porte-parole au rabais) et en dépit de ce qu'a écrit le "merveilleux" Cal Ratzinger... qui au demeurant a écrit de belles choses et fort intéressantes, il est vrai, sauf que cela ne concerne pas les traditionalistes... mais l'avenir d'un rit réformé (pas très réussi du point de vue du sacré et de la prière il est vrai), que les traditionalistes refusent pour des raisons qui sont bien en amont ... du beau chant grégorien, de l'orientation et du latin, même si - on est bien d'accord - celles-ci lui sont subséquentes...
Lorsqu'on réduit le problème à sa surface brillante (le sacré et moins brillante (les querelles), il est en effet facile ensuite des dénigrer ... "les autres" et leurs "caprices" de batailleurs manquant de surnaturel... Seulement voilà: il ne s'agit pas du tout de cela, que vous croyez. De plus - et c'est le même principe partial et partielle qui vous nuit - il est insidieux de prétendre faire les bons consiliateurs de tout le monde (et partant montrer du doigt, au moins implicitement, ceux qui ne marcheraient pas dans la belle "charité" que l'on propose ainsi ... et écarter, a priori et sans la moindre considération aucune, la voie - au moins sérieuse, sinon historique! - de la FSSPX.
Dommage. |
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