Quelques hadiths Boukhari. Les citations sont tirées de la grande traduction de 1903-1914 dans la réédition de 1984 : Les traditions islamiques d'El-Bokhâri, Maisonneuve, Paris.
« D'après 'Ikrima, Rifâ'a avait répudié sa femme et celle-ci avait été épousée par 'Abderrahman-ben-Ez-Zobaïr-El-Qoradzi. Cette femme, dit Aïcha, portait un voile vert et vint se plaindre à moi; elle me montra des bleus [mot à mot des verts, ou traces laissées par les coups] qu'elle avait sur le corps. Lorsque l'Envoyé de Dieu rentra, comme les femmes s'entraidaient mutuellement, Aïcha dit : "je n'ai jamais vu qu'il soit arrivé rien de pareil à des croyantes. "
Le mari ayant appris que sa femme était allé trouver l'envoyé de Dieu, vint à son tour trouver l'envoyé de Dieu, amenant avec lui deux fils qu'il avait eu d'une autre femme. "par Dieu dit la femme, je n'ai pas de choses graves à reprocher à mon mari, sinon qu'il n'a rien qui puisse plus me servir que ceci. " Et elle prit alors une cordelette de la frange de son vêtement. -"Par Dieu, ô envoyé de Dieu, s'écria le mari, elle ment, elle veut retourner avec Rifâ'a. - S'il en est ainsi répondit l'envoyé de Dieu, elle ne sera licite - ou suivant une variante - elle ne pourra lui convenir - tant qu'elle n'aura pas goûté de son petit miel"
'Ikrima ajoute : " Le prophète ayant regardé les deux fils que 'Abderrahman avait amenés, lui dit : "Sont-ce tes fils? - oui" répondit-il. Se tournant alors vers la femme, il lui dit : "Et tu oses prétendre ce que tu avances; mais par Dieu! ces enfants lui ressemblent plus encore qu'un corbeau à un autre corbeau." »
Mahomet semble très bien s'accommoder des quelques bleus de cette pauvre femme, d'ailleurs il lui donne tort, et moi ça me chagrine. Le plus amusant est le classement de ce hadith dans le Sahih Al-Boukhâri. Le seul point notable de cette histoire semble être que la femme porte des vêtements verts (faut dire que ça fait trop cute avec les bleus), d'où le classement du hadith dans le Titre " Des Vêtements ", au chapitre " Des habits verts " ( tome IV page 105) Mais il faut dire que le Coran dit de battre sa femme en dernier ressort :
« Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu'Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu'ils font de leurs bien. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l'absence de leurs époux, avec la protection d'Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d'elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand ! » (Coran de Mahomet, 4 :34)
« Abou-Horeïra a dit : " Pendant que l'envoyé de Dieu était à la mosquée, un des fidèles arriva et lui dit : " Ô, envoyé de Dieu, j'ai commis un adultère " Le prophète ayant détourné la tête, l'homme alla se placer du côté vers lequel le prophète avait le visage tourné et lui répéta : " Ô, envoyé de Dieu, j'ai commis un adultère " Le prophète détourna de nouveau la tête et l'homme alla se placer du côté vers lequel le Prophète avait le visage tourné. Quand l'homme eut ainsi témoigné quatre fois contre lui-même le Prophète l'appela et lui dit : " Es-tu fou ? - Non, ô envoyé de Dieu. - Es-tu marié ? - Oui, ô envoyé de Dieu. - Qu'on emmène cet homme et qu'on le lapide ! " s'écria le prophète.
Ibn-Chihâb ajoute qu'un de ses informateurs a entendu Djâbir dire : " J'étais du nombre de ceux qui le lapidèrent ; la chose eut lieu au mosalla. Quand il reçut la première pierre, l'homme bondit pour fuir, mais nous le rejoignîmes, au Harra où eut lieu la lapidation. " (Des Peines criminelles, El-Bokhâri tome IV, page 389)
El-Moghîra rapporte que Sa'd-ben-'Obada a dit : " Si je voyais un homme avec ma femme, je le frapperais avec mon sabre et pas avec le plat du sabre. " Le prophète ayant eu connaissance de ce propos dit : " Vous êtes étonné de la jalousie de Sa'd ? Eh bien, je suis plus jaloux que lui, oui par Dieu, plus jaloux que lui. " » (Des Peines criminelles, El-Bokhâri tome IV, page 399)
Par comparaison, Jean VIII, 3-11 : « Alors les scribes et les pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère; et, la plaçant au milieu du peuple, ils dirent à Jésus: Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère. Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes: toi donc, que dis-tu? Ils disaient cela pour l'éprouver, afin de pouvoir l'accuser. Mais Jésus, s'étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre. Comme ils continuaient à l'interroger, il se releva et leur dit: Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. Et s'étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre. Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu'aux derniers; et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu. Alors s'étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit: Femme, où sont ceux qui t'accusaient? Personne ne t'a-t-il condamnée? Elle répondit: Non, Seigneur. Et Jésus lui dit: Je ne te condamne pas non plus: va, et ne pèche plus. »
Et maintenant Mahomet sur le point de mourir :
« 'Obaïd-Allah-ben-'Abdallah-ben-'Otba rapporte que 'Aïcha et 'Abdallah-ben-'Abbâs ont dit : " Lorsque l'envoyé de Dieu fut sur le point de mourir, il se mit à étendre sur son visage une petite natte qui lui appartenait. Quand il étouffait, il l'écartait de son visage et disait : " Dieu maudisse les Juifs et les Chrétiens qui ont pris les tombes de leurs prophètes pour oratoires ". Il mettait aussi en garde contre cette pratique " » (De la prière, El-Bokhâri tome I, page 160)
Luc XXIII, 33-34 : « Lorsqu'ils furent arrivés au lieu appelé Crâne, ils le crucifièrent là, ainsi que les deux malfaiteurs, l'un à droite, l'autre à gauche. Jésus dit: " Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. " »
Enfin, un dernier hadith pour rire un peu dans ce monde de brutes :
La preuve que Mahomet était un vrai Prophète de chez les Prophètes : on pouvait l'ensorceler avec un peigne et une touffe de cheveux!!!
(Petit rappel, Jésus guérissait les ensorcelés, mais bon ... ce n'était pas le Sceau des Prophètes, non plus)
Toujours dans la traduction (intégrale) de Houdas et Marçais, chez Maisonneuve :
Bokhari, Les traditions islamiques, Tome IV,
Titre XXXIII, Des Invocations,
Chapitre 57, De la répétition de l'invocation :
'Aïcha rapporte que l'Envoyé de Dieu avait été ensorcelé à tel point qu'il s'imaginait avoir fait une chose qu'il n'avait pas faite. Il invoqua le Seigneur, puis il me dit: « Sais-tu bien que Dieu vient de me donner la réponse à la question que je lui avais adressée. - Et quelle est-elle ? ô Envoyé de Dieu, demanda 'Aïcha. -Deux hommes, répondit-il, viennent de s'asseoir auprès de moi: l'un à ma tête; l'autre à mes pieds. L'un d'eux a demandé à l'autre: « Qu'a donc cet homme? -Il est ensorcelé. -Qui l'a ensorcelé? -Lebîd-ben-El-A'sam. -Et avec quoi ? -Avec un peigne, des cheveux et une enveloppe de fleur de palmier. -Où est-ce ? -A Dzerouân; Dzerouân est un puits des Benou-Zoraïq. » L'Envoyé de Dieu se rendit à ce puits, revint vers 'Aïcha et dit: « Par Dieu, son eau est pareille à une décoction de henné et ses palmiers ressemblent à des têtes de démons. » -Quand, ajoute 'Aïcha, l'Envoyé de Dieu revint il me parla du puits. « Pourquoi n'as-tu pas retiré ces objets du puits » lui demandai-je. -Parce que moi, répondit-il, Dieu m'avait guéri et j'ai craint d'attirer le mal sur d'autres. »