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Mahomet et la ruse, Mahomet et la torture Imprimer
Auteur : Paul-E
Sujet : Mahomet et la ruse, Mahomet et la torture
Date : 2002-04-24 20:26:53

Pour le meurtre immonde de Ka'b, par la ruse, se reporter au Boukhârî : http://www.usc.edu/dept/MSA/fundamentals/hadithsunnah/bukhari/059.sbt.html#005.059.369

Quant à la torture à mort de Kinana, pour lui prendre son trésor et sa femme, Tabari en fait mention dans sa Chronique :

Expédition de Khaïbar, dans "Mohammed, sceau des prophètes", tome trois de la chronique de Tabari aux éditions Sindbad. (p 255 à 257)

(...)

'Ali prit d'assaut le premier fort, tua le commandant, et fit prisonnier Kinâna, fils d'Al-'Hoqaïq. Kinâna était le chef des Beni-Nadhir. Après la prise de la forteresse de sa tribu, il était venu à Khaïbar. Il avait pour femme Çafiya, fille de 'Hoyayy, fils d'Akhtab, ce chef des Nadhir qui, en quittant sa ville, était venu dans la forteresse des Qoraïzha, qui avait été l'instigateur du grand rassemblement de troupes des Qoraïzha, des Ghatafân et des autres Arabes pour la guerre du Fossé, et qui, après la dispersion de cette armée, était allé se renfermer avec les Beni-Qoraïzha dans leur forteresse, où le Prophète alla les attaquer. Kinâna et sa femme Çafiya, qui, en quittant le territoire des Beni-Nadhir, étaient venus à Khaïbar, tombèrent entre les mains d" Ali, qui les envoya, sous l'escorte de Bilâl, auprès du Prophète. Celui-ci, en voyant Çafiya, fut frappé de sa beauté; il la couvrit de son manteau et la fit asseoir derrière lui. Ses compagnons reconnurent ainsi qu'il la choisissait pour lui-même. Quant à Kinâna, il le fit garder avec les autres prisonniers.

Quand les trois premiers forts furent tombés sous les efforts d 'Ali, les garnisons du quatrième et du cinquième demandèrent à capituler aux mêmes conditions qu'on avait accordées aux Benî-Nadhir, savoir: qu'ils pourraient quitter leur territoire en abandonnant leurs biens, et se rendre en Syrie. Le Prophète y consentit, et ils partirent. Il restait à prendre le sixième et le septième fort, qui étaient plus solides que les autres et renfermaient des biens considérables. Mais la nuit approchait, et' Ali retourna au camp. Le lendemain, toute l'armée vint assaillir les portes de ces forts sans réussir à les ouvrir.

Or un homme vint dénoncer Kinâna, fils de 'Hoqaïq, comme sachant où étaient déposés les trésors des Beni Nadhir. Le Prophète fit venir Kinâna, qui refusa d'avouer, résistant à toute persuasion. On le fit jurer sur l'âme de son père, mais il n'avoua pas. Alors un autre d'entre les prisonniers juifs vint faire la déclaration suivante: A tel endroit, près de la porte du fort, il y a un lieu isolé, autour duquel j'ai vu rôder Kinâna, chaque matin. Le Prophète, ayant fait appeler Kinâna et l'ayant interrogé en vain, lui dit: Si je fais fouiller en cet endroit et que je trouve les trésors, je te ferai mettre à mort. -C'est bien, répliqua Kinâna. On fit des fouilles et l'on découvrit une partie des trésors. Kinâna refusant de dire où était le reste, le Prophète fit venir Zobaïr, fils d'Al-'Awwâm, et lui dit: Mets-Ie à la question, jusqu'à ce qu'il avoue ou qu'il meure. Zobaïr lui lia les mains et les pieds, l'étendit par terre, et lui mit sur le visage et sur la barbe de l'amidon enflammé, qui lui brûla la peau. Kinâna n'avouait pas, Zobaïr, voyant que Kinâna était près de mourir, vint avertir le Prophète. Celui-ci lui dit de le livrer à Mohammed, fils de Maslama, pour qu'il le fit mourir, en revanche de la mort de son frère Ma'hmoud, qui avait été tué à la porte du premier fort. Mohammed, fils de Maslama, saisit Kinâna et le tua.

On avait combattu pendant trois jours sans résultat. Alors les habitants des deux forts demandèrent à capituler. Ils voulaient que le Prophète leur accordât la vie sauve et se contentât de prendre leurs biens, et qu'il les laissât demeurer dans le pays, et conserver la religion juive, sans leur demander de capitation; ils abandonneraient au Prophète leurs plantations de dattiers, qu'ils continueraient de cultiver; et, chaque année, au moment de la récolte, il viendrait prendre la moitié des fruits, en leur laissant l'autre moitié. Le Prophète fit part de ces propositions à ses compagnons. Tous, Mohâdjir et Ançâr, les trouvèrent acceptables; ils dirent: Nous aurons ainsi leurs biens et nous posséderons leurs plantations, et ils seront nos fermiers. Ces arbres, s'ils restaient sans propriétaires, se dessécheraient, comme il est arrivé de ceux des Beni- Nadhîr. Ne leur imposons pas de tribut, puisqu'ils. sont nos fermiers. Le Prophète consentit, et accorda aux juifs ces conditions, en leur disant: Je veux, quand je le jugerai à propos, ou si j'aperçois de votre part quelque acte de trahison, pouvoir vous expulser. Les juifs y consentirent. Ensuite il fit écrire par 'Ali le traité, et le leur remit. En conséquence, ils cultivaient chaque année les plantations de dattiers. Lorsque les arbres étaient en fleur, le Prophète envoyait une personne pour évaluer le rendement et pour en prendre note; et, au moment de la récolte, il recevait la moitié des fruits, qu'il distribuait entre les musulmans, et il laissait l'autre moitié aux juifs. Cette manière de procéder est l'origine de la coutume adoptée par les souverains de faire évaluer le rendement du froment.

Le Prophète partagea entre les musulmans les biens de Khaïbar, et ne se réserva à lui-même que Çafiya, à laquelle il donna la liberté et qu'il épousa, après qu'elle eut embrassé l'islamisme. En voyant son visage, il aperçut sur le côté gauche, au-dessous de l'oeil, une tache noire, et il lui demanda ce que c'était. Çafiya lui dit: Le jour où votre armée vint assiéger Khaïbar, je fis un rêve. Il me sembla que la lune se détachait du ciel et venait tomber dans mon sein. Je racontai ce rêve à mon mari Kinâna, qui me dit: Toi aussi, tu désires ce Mohammed, ce roi du 'Hedjâz ? et il me donna un soufflet, qui a laissé cette trace.

Le Prophète renvoya l'armée à Médine; lui-même n'y retourna pas; il partit pour la forteresse de Fadak



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