Que l'Eglise ayant été fondée par le Christ, un fidèle quelconque (même deux, ni même la totalité des fidèles) ne peuvent dire "Je suis l'Eglise", ou "Nous sommes l'Eglise", pas plus que "Je suis mandaté par l'Eglise", sinon le Pape et les évêques en communion avec le Pape, car l'Eglise (avec un E majuscule) est apostolique.
Pour faire plaisir à M. Petipeu (en attendant de répondre à son message), je citerai Mortalium Animos:
"Pour que nous remplissions convenablement ce double devoir en vue de la gloire de Dieu et de notre salut, le Fils unique de Dieu a établi sur terre son Église. Or, ceux qui se déclarent
chrétiens ne peuvent pas, pensons-nous, refuser de croire que le Christ a fondé une Église, et une Église unique ; mais si, en outre, on leur demande de quelle nature doit être, suivant
la volonté de son Fondateur, cette Église, alors tous ne s'entendent plus. Par exemple, un bon nombre d'entre eux nient que l'Église doive être visible et décelable extérieurement, en
ce sens, du moins, qu'elle doive se présenter comme un seul corps de fidèles unanimes à professer une seule et même doctrine sous un seul magistère et un seul gouvernement ; pour
eux, au contraire, l'Église visible n'est rien d'autre qu'une fédération réalisée entre les diverses communautés de chrétiens malgré leurs adhésions à des doctrines différentes et même
contradictoires.
Or, en vérité, son Église, le Christ Notre Seigneur l'a établie en société parfaite, extérieure par nature et perceptible aux sens, avec la mission de continuer dans l'avenir l'oeuvre de
salut du genre humain, sous la conduite d'un seul chef (Matth. XVI, 18 ; Luc. XXII, 32 ; Joan. XXI, 15-17), par l'enseignement de vive voix (Marc. XVI, 15) et par l'administration des
sacrements, sources de la grâce céleste (Joan. III, 5 ; VI, 48-59 ; XX, 22 ; cf. Matth. XVIII, 18 ; etc.) ; c'est pourquoi, dans les paraboles, il l'a déclarée semblable à un royaume
(Matth. XIII), à une maison (cf. Matth. XVI, 18), à un bercail (Joan. X, 16) et à un troupeau (Joan. XXI, 15-17). Sans aucun doute, cette Église, si admirablement établie, ne pouvait
finir ni s'éteindre à la mort de son Fondateur et des Apôtres qui furent les premiers chargés de la propager, car elle avait reçu l'ordre de conduire, sans distinction de temps et de lieux,
tous les hommes au salut éternel : " Allez donc et enseignez toutes les nations " (Matth. XXVIII, 19). Dans l'accomplissement ininterrompu de cette mission, l'Église pourra-t-elle
manquer de force et d'efficacité, quand le Christ lui-même lui prête son assistance continuelle : " Voici que je suis avec vous, tous les jours, jusqu'à la consommation des siècles "
(Matth. XXVIII, 20) ?
Il est, par conséquent, impossible, non seulement que l'Église ne subsiste aujourd'hui et toujours, mais aussi qu'elle ne subsiste pas absolument la même qu'aux temps apostoliques ;
- à moins que nous ne voulions dire - à Dieu ne plaise ! - ou bien que le Christ Notre Seigneur a failli à son dessein ou bien qu'il s'est trompé quand il affirma que les portes de l'enfer
ne prévaudraient jamais contre elle (Matth. XVI, 18)."
Cordialement