C'est exactement cela, Athanase.
C'est pourquoi, il serait injuste de parler de "structure parallèle" lorsque l'Eglise se manifeste en tant qu'Eglise catholique, simplement parce qu'elle se manifeste là où on ne l'attendait pas et selon des modalités qui sont exceptionnelles (peut-être) mais non pas extra-ecclésiales (comme d'aucuns tiennent si fort à la dire avec une non-connaissance déconcertante de ce qu'est "l'Eglise divine" dont il parle tant), et ce en raison proportionnelle du fait qu'elle s'eclypse là où on l'attendait, où on devrait l'attendre.
C'est exactement cela la garantie de l'assistance divine de l'Eglise: elle ne disparaitra jamais de la face de la terre jusqu'au retour du Bien-Aimé Christ-Roi qui la gouverne - quand bien même sa manifestation et son exercice effectif peut s'exercer "ici ou là"...
Voyez-vous Athanase, derrière ce toujours même débat (qui soyons clair induit toujours le même procès à propos de l'appartenance à l'Eglise de la réaction de nécessité de Mgr Lefebvre..., c'était cela n'est-ce pas?), il y a toujours la même vision gravement réductrice da la Sainte Eglise à son exercice institutionnel et hiérarchique. Tout le problème est là! Le fait est que faisant ce procès du "parallélisme" (ou plus fort, de schisme) on ne tient absolument pas compte de la réalité effective de l'Eglise militante qui est de toute l'histoire d'une part tenant par là (tradition) à son Christ, et de la position (pourtant affirmée telle) de la FSSPX d'autre part.
Vous me répondrez: oui, mais la visibilité de l'Eglise est aussi objet de Foi en l'Eglise (et donc la situation de rupture - conflit- avec l'autorité est problématique)? Certes. Mais selon cette lprémisse du gouvernement divin de l'Eglise (au dessus des carences humaines), je répondrai: précisément, c'est cela qui oblige de reconnaître (à la substance catholique, à la transmission effective de l'intégralité du dogme, aux fruits etc. etc. - sans oublier la hiérarchie aussi, bien sûr !) le lieu effectif (crèche ou Temple) ou se manifeste effectivement la visibilité de l'Eglise.
Pour ma part, je ne connais toujours qu'un évêque qui ait véritablement "manifesté" clairement cette substance catholique en ces temps de trouble où la vérité est mise sous le boisseau par les plus hauts dignitaires de l'Eglise divine (pourtant!).
L'Eglise, bien évidemment (et là aussi qu'on ne s'engouffre pas avec frénésie dans la grotesque caricature...) n'est pas réductible à son oeuvre de sauvetage, mais elle apparait surtout "là", lorsque l'autorité qui est l'autorité manque OBJECTIVEMENT à son devoir, et qu'elle apparait effectivement "là" dans sa substance.
Dans cette perspective les deux objections soulevées plus haut par M. Spychow et qui pouvaient sembler décisives à qui n'envisage les choses que superficiellement, ne sont justement pas pertinentes à propos d'un "traditionaliste". Précisément la réaction (proportionnée à un état de crise) du traditionaliste est motivée par le fait que SEULE l'Eglise enseigne; précisément, SEULE l'Eglise est en droit d'enseigner avec autorité la Foi révélée. Oui, c'est exactement pour cela, que "le Pape n'a pas reçu autorité pour enseigner des nouveautés...etc - comme le dit la déclaration infaillible de Vatican I).
C'est parce que "l'Eglise" n'est pas réductible à son autorité (quelquefois, rarement, défaillante), que le traditionaliste peut se prévaloir, malgrè la grave crise, de continuer de recevoir l'enseignement intégral de l'Eglise, par delà la carence de tel ou tel représentant actuel ("vivant") de l'autorité divine en s'appuyant sur l'argument de conformité au Magistère constant - représentant actuel de l'autorité légitimé uniquement dans son exercice (et non dans son identité qui demeure!) par le respect absolu de la Tradition héritée des Apôtres... (à développer, bien sûr; mais voyez bien que l'argument de "l'Autorité" est justement celui qui non seulement autorise, mais nécessite la réaction traditionaliste...)
De même lorsqu'on affirme que l'Eglise est d'institution divine et que tout le monde n'est pas le Messie - ce qui devait être dit...
C'est précisément pour cela, que l'Eglise renait sans cesse (ici ou là) et ne disparaitra jamais totalement de la face de la terre... A developper aussi, bien sûr, mais disons qu'il serait bien téméraire (absurde même!), de prétendre par exemple que les deux seuls evêques catholiques (d'ailleurs pas tout à fait les seuls!) qui aient pleinement affirmé, prêché, transmis, haut et fort et sans ambiguité ni compromis, "la substance" du catholicisme face à l'hérésie libérale qui actuellement ravage tout, il serait absurde que ces 2 évêque-là soient POUR CELA étiquetés "dehors", au nom du seul argument d'autorité! C'est justement parce que l'Eglise est d'institution divine (et non une institution purement humaine, sujette à des décisions arbitraires), que ces 2 seuls évêques, mandatés par elle pour cela, devaient réagir! C'est exactement en raison de cette institution divine aussi que cet incroyable évènement d'un ou deux évêques (+ l'ensemble du corps épiscopal à travers les siècles il est vrai) contre l'ensemble du corps episcopal (actuel), peut motiver, légitimer, nécessiter une réaction qui, du point de vue seulement humain, serait totalement insensée et dérisoire...
Oufff... : on se répète. Allons-nous repartir comme en 14 ... euh? je ne le souhaite plus, mais quelquefois, les demis-mots laissent glisser de graves risques de mal-entendus. Qu'on se le répète bien : les accusations unilatérales de schisme à l'égard de la FSSPX sont souvent malveillantes et relèvent souvent de la pure désinformation partisane. A cela rien à dire - laissons braire, redressons autant que possible..., mais ne nous fatiguons pas trop. Au demeurant, il y aura toujours des réactions à l'emporte-pièce et tourne-bourrique... si faciles!
En revanche elles sont quelquefois sincères. Dans ce cas, c'est simplement la connaissance effective de la position et de l'intention (objectivée clairement par des déclarations officielles!) de "l'accusé" qui font défaut - position à laquelle - et nous bouclons la boucle - il n'a jamais été répondu jusqu'ici (remarquons-le bien) autrement que par l'argument d'autorité, qui, en raison même de l'institution et de la mission divines de l'Eglise, est tout simplement insuffisant.
Bien cordialement
In Ecclesia Sancta, quae est Christum totum
Bertrand Décaillet