I)Vous dites "tuer au nom de Dieu ou diviniser l'Homme au nom de "l'Image de Dieu" qu'il est a priori, c'est un peu le même travers finalement".
Mais d'où vient la dignité de l'homme, si ce n'est
1)de Dieu,
2)plus précisément, du regard que Dieu a sur l'homme,(cf le Cardinal Lustiger qui disait dans un de ses sermons "Les droits de l'homme, c'est Dieu", formule peut-être un brin provocatrice, mais qui place le débat sur son plan véritable),
3)d'être "rachetée par le sang du Christ, adoptée par le Père céleste, consacrée par les liens fraternels qui l'unissent au Christ, rendue par les prières et les sacrements participante de la grâce et de la nature divines, en attendant que, en récompense d'une sainte vie ici-bas, elle jouisse éternellement de la possession de la gloire du ciel" (Pie XI),
comment faut-il le dire si on ne veux pas être accusé de diviniser l'homme?
Dire que "le terrorisme exploite non seulement l'homme, mais Dieu lui-même, dont il finit par faire une idole qu'il utilise à ses propres fins" ou qu'il est "violer la dignité de l'être humain et, en définitive, outrager Dieu dont il est l'image" n'est-il pas suffisamment clair?
Le Pape ne s'intéresse pas à la seule dignité de l'homme, mais constate que le terrorisme "outrage Dieu", et rappelle que l'homme est à l'image de Dieu, et si ceci n'est pas un message proprement chrétien (nous parlerons des Juifs plus tard), je ne suis qu'un homme de bois aux yeux bleus.
II)Vous dites "Il y a une alternative catholique cependant à ce malheureux axiome afin d'atteindre à l'établissement de la Paix en ce monde, [...]le Règne EXPLICITE de Jésus-Christ par sa grâce, non seulement dans l'ordre surnaturel, mais aussi dans l'ordre naturel. Pas un mot de cela dans ce texte... "
Le Pape explique pourtant que
"La vraie paix est [...] le fruit de la justice, vertu morale et garantie légale qui veille sur le plein respect des droits et des devoirs, et sur la répartition équitable des profits et des charges. Mais parce que la justice humaine est toujours fragile et imparfaite, exposée qu'elle est aux limites et aux égoïsmes des personnes et des groupes, elle doit s'exercer et, en un sens, être complétée par le pardon qui guérit les blessures et qui rétablit en profondeur les rapports humains perturbés. "
Or "En réalité, le pardon est avant tout un choix personnel, une option du cœur qui va contre l'instinct spontané de rendre le mal pour le mal. Cette option trouve son élément de comparaison dans l'amour de Dieu, qui nous accueille malgré nos péchés, et son modèle suprême est le pardon du Christ qui a prié ainsi sur la Croix: « Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu'ils font » (Lc 23, 34). "
Et plus clair encore "Le pardon a [...]une racine et une mesure divines".
Le Pape évoque alors l'ordre naturel:
"Mais cela n'exclut pas que l'on puisse aussi en saisir la valeur à la lumière de considérations fondées sur le bon sens humain. La première de ces considérations concerne l'expérience vécue intérieurement par tout être humain quand il commet le mal. Il se rend compte alors de sa fragilité et il désire que les autres soient indulgents avec lui. Pourquoi donc ne pas agir envers les autres comme chacun voudrait que l'on agisse envers lui-même? Tout être humain nourrit en lui-même l'espérance de pouvoir recommencer une période de sa vie, et de ne pas demeurer à jamais prisonnier de ses erreurs et de ses fautes. Il rêve de pouvoir à nouveau lever les yeux vers l'avenir, pour découvrir qu'il a encore la possibilité de faire confiance et de s'engager.
9. En tant qu'acte humain, le pardon est avant tout une initiative du sujet singulier dans ses relations avec ses semblables. Toutefois, la personne a une dimension sociale essentielle qui fait qu'elle tisse un réseau de relations où elle exprime ce qu'elle est: non seulement dans le bien, mais aussi malheureusement dans le mal. De ce fait, le pardon devient nécessaire également au niveau social. Les familles, les groupes, les États, la Communauté internationale elle-même, ont besoin de s'ouvrir au pardon pour renouer les liens rompus, pour dépasser les situations stériles de condamnations réciproques, pour vaincre la tentation d'exclure les autres en leur refusant toute possibilité d'appel. La capacité de pardonner est à la base de tout projet d'une société à venir plus juste et plus solidaire."
En bref le Pape ne fait rien d'autre que développer un des aspects de la Paix, "oeuvre de la justice et de la Charité", selon Pie XI.