Vous avez noté la délicatesse des expressions utilisées pour les catholiques anglicans nouveaux venus : chaque expression est juste et personne n'y trouve à redire.
Cela n'empêche pas qu'un saut qualitatif a été fait, substantiel.
Leur ancien ministère était cela un "ministère", honorable sans doute et qu'ils n'ont pas à effacer de leur mémoire mais ils ont fait un tout autre pas en revêtant le "sacerdoce", qui est d'une nature radicalement différente.
L'oecuménisme de "retour" me semble bien illustré par Newman devenu bienheureux l'an passé : son exemple contredit, et heureusement, votre dernier paragraphe qui confond les petitesses et les péchés des hommes (et femmes) d'Église avec l'Église elle-même, Epouse du Christ sans péché. C'est en méditant sur l'Église déjà au sein de sa vie anglicane que Newman a été conduit à découvrir que la plénitude de la Tradition était conservée non dans l'Église d'Angleterre, moyennant quelques réformes comme il l'avait pensé au départ, mais dans la seule Église de Rome. Et d'y rester malgré les mesquineries qu'il y a parfois subies. Il a éprouvé la nécessité d'effectuer le même saut qualitatif : un bienheureux doit bien être "converti au Christ", au sens où vous l'entendez ... Dans le monde anglophone (GB et USA) occidental, les conversions liées à l'amour du catholicisme par l'Église ont été (il y en a encore malgré les catholiques "modernes") nombreuses.
La méditation sur l'Église, le rayonnement qu'il nous incombe de donner à la Mère Église sont autant de voies vers une conversion dont un catholique est fondé de penser que c'est conversion au Christ, un accomplissement d'une vocation chrétienne, que de faire ce pas pour un chrétien séparé.
nb. le phénomène de la conversion - au plan sociologique - n'a rien perdu de son actualité au demeurant, entre confessions chrétiennes, à l'égard d'autres religions, venant de l'athéisme/indifférence. Il y a pas mal d'études là-dessus et elles tendent à se multiplier.
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