qui ne semble pas valoir plus que "l'esprit du Concile", vertement dénoncé par Paul VI.
Au moins peut-on répondre à la question que posait le Cardinal dans ce texte très sixties (le malheur et les problèmes se seraient évanouis comme brume au soleil façon Jean XXIII 1962), en dépit de sa date de 1996 si j'ai bien compris :
""L'esprit d'Assise" plane au-dessus des eaux bouillonnantes des religions et crée déjà des merveilles de dialogue fraternel. Qu'en sortira-t-il en l'An 2000 ?" (cardinal Etchegaray)
1) Les "merveilles de dialogue fraternel", à supposer qu'elles aient jamais existé - de minuscules et fragmentaires "merveilles" -, ont été largement recouvertes par les "eaux bouillonnantes des religions" : 9 septembre 2001.
Et la sombre "litanie" des horreurs commises depuis 2000 a fait résonner son chant funèbre toujours plus haut.
2) l'an 2000 a produit quelque chose de très positif, mais sans doute pas ce qu'escomptait le Cardinal : la Déclaration Dominus Iesus date en effet du 6 août 2000. On ne devrait pas se lasser de la relire pour éviter les déviations graves qu'elle recense :
"4. La pérennité de l'annonce missionnaire de l'Église est aujourd'hui mise en péril par des théories relativistes, qui entendent justifier le pluralisme religieux, non seulement de facto mais aussi de iure (ou en tant que principe). Elles retiennent alors comme dépassées des vérités comme par exemple le caractère définitif et complet de la révélation de Jésus-Christ, la nature de la foi chrétienne vis-à-vis des autres religions, l'inspiration des livres de la Sainte Écriture, l'unité personnelle entre le Verbe éternel et Jésus de Nazareth, l'unité de l'économie du Verbe incarné et du Saint-Esprit, l'unicité et l'universalité salvifique du mystère de Jésus-Christ, la médiation salvifique universelle de l'Église, la non-séparation, quoique dans la distinction, entre le Royaume de Dieu, le Royaume du Christ et l'Église, la subsistance de l'unique Église du Christ dans l'Église catholique.
Ces théories s'appuient sur certains présupposés de nature philosophique ou théologique qui rendent difficiles la compréhension et l'accueil de la vérité révélée. On en signalera quelques-uns: la conviction que la vérité sur Dieu est insaisissable et ineffable, même par la révélation chrétienne; l'attitude relativiste vis-à-vis de la vérité, entraînant que ce qui est vrai pour certains ne le serait pas pour d'autres; l'opposition radicale qu'on établit entre la mentalité logique occidentale et la mentalité symbolique orientale; le subjectivisme de qui, tenant la raison comme seule source de connaissance, devient « incapable d'élever son regard vers le haut pour oser atteindre la vérité de l'être »;8 la difficulté à percevoir et comprendre dans l'histoire la présence d'événements définitifs et eschatologiques; la privation de sa dimension métaphysique de l'incarnation historique du Logos éternel et sa réduction à une simple apparition de Dieu dans l'histoire; l'éclectisme qui, dans la recherche théologique, prend des idées dans différents contextes philosophiques et religieux, sans se soucier ni de leur cohérence systématique ni de leur compatibilité avec la vérité chrétienne; la tendance finalement à lire et à interpréter la Sainte Écriture en dehors de la Tradition et du Magistère de l'Église.
Sur la base de ces présupposés adoptés sans uniformité, comme des affirmations pour certains, comme des hypothèses pour d'autres, des propositions théologiques sont élaborées qui font perdre leur caractère de vérité absolue et d'universalité salvifique à la révélation chrétienne et au mystère de Jésus-Christ et de l'Église, ou y jettent au moins une ombre de doute et d'incertitude."
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