"Se concentrer sur le préservatif veut dire banaliser la sexualité, et cette banalisation représente justement la dangereuse raison pour laquelle tant et tant de gens, dans la sexualité, ne voient plus l'expression de leur amour, mais seulement une sorte de drogue, qu'ils s'administrent. C'est pourquoi la lutte contre la banalisation de la sexualité fait aussi partie du grand effort afin que la sexualité soit valorisée de façon positive, et puisse exercer son effet positif sur l'être humain dans sa totalité.
Il peut exister des cas isolés justifiés, par exemple quand une prostituée utilise un préservatif, et ceci peut être le premier pas vers une moralisation, un premier acte de responsabilité pour développer à nouveau la conscience du fait que tout n'est pas permis, et qu'on ne peut pas faire tout ce qu'on veut. Toutefois, ceci n'est pas le vrai moyen pour vaincre l'infection du HIV. Une humanisation de la sexualité est vraiment nécessaire."
"Les perspectives de "Humanae vitae" restent valides, mais c'est une autre chose de trouver des chemins humainement praticables. Je pense qu'il y aura toujours des minorités intimement persuadées de la justesse de ces perspectives, et qui, en les vivants, en seront pleinement satisfaits de manière à devenir pour les autres un modèle fascinant à suivre. Nous sommes des pécheurs. Mais nous ne devrions pas le prendre comme argument contre la vérité, quand cette morale élevée n'est pas vécue. Nous devrions chercher à faire tout le bien possible, nous soutenir et nous encourager mutuellement. Exprimer tout cela aussi du point de vue théologique, conceptuel et pastoral dans le contexte de la sexologie actuelle et de la recherche anthropologique est une grande tâche à laquelle nous devons nous consacrer plus et mieux."
Benoît et moi