"Le Christ appelle tous ses disciples à l'unité. Avancer vers cette unité passe d'abord par la conversion des coeurs et la prière, notre conversion et notre prière.
N'oublions pas que les orthodoxes font connaître et aimer Jésus Christ à des millions de personnes. N'oublions pas les saints et les martyrs issus de leurs rangs.
Il est légitime de rappeler que l'église catholique a été dépouillée de nombreuses églises et autres biens par les régimes communistes. Il serait normal qu'elle les récupère. Mais ce ne peut en aucun cas être pour elle une priorité. C'est une question secondaire. Jésus Christ n'a pas été envoyé pour s'occuper de nos partages.
Notre responsabilité est d'un autre niveau." (iktus 310)
Votre approche sépare ce qui nécessairement marche de concert. On n'oublie pas du tout les témoins du Christ qui ont été au sein des Églises orthodoxes, de la Russe ici.
Mais précisément, c'est bien la contradiction de votre lecture des faits qui ignore le poids de l'histoire qui sur ce dossier précis de la confiscation des églises est très LOURD. Vous ignorez peut-être (?) que lors de l'intégration forcée des catholiques orientaux à l'Église orthodoxe dès Nicolas I et Alexandre II puis sous Staline (et en Roumanie), l'Église orthodoxe a accepté ce "cadeau" empoisonné des gouvernements tsaristes puis communistes.
Le péché est là dans une complicité active avec une action objectivement mauvaise. Un seul métropolite (roumain) a fait acte de repentance jusqu'à présent, à ma connaissance.
La non-restitution des églises gréco-catholiques a créé des tensions violentes tant en Ukraine qu'en Roumanie : ce n'est pas un "détail".
Le nouveau patriarche orthodoxe russe est, semble-t-il, désireux d'une relation plus fraternelle avec l'Église romaine : tant mieux. L'amitié, le respect comme la justice - ce 3è terme est essentiel - doivent s'incarner. Une amitié sans justice n'est pas une amitié véritable, une façade rien de plus. Les manifestations de l'amitié la démontrent et la question matérielle est une manifestation comme en témoigne cet exemple où l'Église catholique de France a fait un geste important en faveur de l'Église orthodoxe russe, un geste matériel :
"Le séminaire orthodoxe russe en France, créé par le Saint-Synode du patriarcat de Moscou le 15 avril 2008, s’installe, à partir du 1er septembre 2009, dans la Maison Sainte-Geneviève à Épinay-sous-Sénart (diocèse d’Évry). Il s’agit d’un ancien couvent mis à la disposition du diocèse de Chersonèse par les Sœurs Auxiliatrices." (site officiel de l'Église russe en France)
Le Patriarcat de Moscou a dans l'affaire de Kaliningrad une magnifique occasion de réciprocité en trouvant un accord amiable pour ces églises à restituer en tout ou partie à leurs véritables propriétaires de manifester l'amitié proclamée dans les allocutions en faisant justice face à l'iniquité de l'administration russe locale. Ce qui a été fait à Épinay-sous-Sénart (et ailleurs) pourrait avoir lieu symétriquement à Kaliningrad, non ?
Quand les actes d'amitié viennent toujours du même côté, l'amitié s'épuise vite car le doute s'installe sur son authenticité. Cela vaut pour les individus comme pour les Églises d'autant qu'ici, il n'est pas question de doctrine.
Souhaitons donc que de part et d'autre, on puisse transformer une injustice manifeste en un acte d'amitié, de respect et de justice.
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