Les archives du Forum Catholique
Forum | Documents | Liens | Q.F.P. | Oremus

Les archives du Forum Catholique

JUILLET 2003 A MARS 2011

Retour à la liste des messages | Rechercher

Afficher le fil complet

un correctif historique et une réflexion prospective Imprimer
Auteur : Luc Perrin
Sujet : un correctif historique et une réflexion prospective
Date : 2010-10-18 18:24:25

"Opposition de Louis BOUYER. Il avait participe a la réforme. Il attaque plus la mise en application que la réforme. Mais en réalité, le masque cache le visage. La réforme contenait elle-même cette application. Le RP BOUYER a été mis sous le boisseau."

L'Oratorien visionnaire fut un acteur, important - il a travaillé à la Prex II qui est la plus couramment usitée et quelques autres points - mais il était déjà réticent envers la distortion bugniniste du Mouvement liturgique (par ex. le C.N.P.L. français de l'époque) avant 1962. Il avait pressenti l'aplatissement qui allait venir.
Il ne fut pas seul à avoir un regard critique, acerbe et acide même, sur "l'oeuvre" du terrible lazariste italien, hélas soutenu par Paul VI jusqu'en 1974. Le cardinal Antonelli, moins virulent, n'est pas enthousiaste comme son journal - dont manquent quelques années - le montre. Selon plusieurs témoignages, Mgr Martimort n'était pas davantage heureux du résultat de 1969 : un point que, pour l'instant, la recherche historique n'a pas établi.
Les "Mémoires", encore inédits, du P. Bouyer en appellent à une refonte radicale : il ne s'en tient pas à la seule application, comme dans ses ouvrages publiés de son vivant où, du fait de la polémique et de la faiblesse du Saint-Siège face à la marée néo-libérale, il s'était mis un demi-cadenas sur la langue.
Ressortir un trône de Pie IX ou une étole de Léon XIII, placer un crucifix sur l'autel, corriger les plus graves fautes de traduction dans une seule version vernaculaire (l'anglaise) en laissant tout le reste dans le même état de chaos ne répond absolument pas au programme qu'il traçait. Pour l'instant, la Curie romaine a accompli, disons moins de 1%, du programme de réforme de la révolution - faudrait-il dire - esquissé par l'excellent Père Bouyer.

Tout le problème est bien là : après plus de 5 ans de pontificat, une longue préparation antérieure - par le cardinal Ratzinger et plusieurs autres - la réforme en question n'a pas véritablement commencé. L'essor de la "Forme extraordinaire" a été lui aussi, en dépit du "7/7/7", considérablement entravé, comme on le sait. Un exemple donné par un séminariste latino-américain la semaine passée : s'adressant à son évêque, un siège important, à propos de la Messe latine traditionnelle dans le futur, il s'est vu répondre par une question, de quoi s'agit-il ...
Alors, en 2010, hélas mille fois hélas, le sujet traité dans la conférence du très bon abbé Barthe relève, pour l'observateur du catholicisme contemporain, au choix de la pure hypothèse d'école ou de la ... planète Mars. Lui-même en a conscience puisqu'il évoque le premier obstacle, l'épiscopat, en espérant "si un évêque faisait comme le pape". Un sur plus de 5000 ... et un n'y suffirait pas.
Il y a aussi le 2è obstacle, plus redoutable : les réseaux néo-liturgiques, universelle aragne, qui assurent la formation néo-liturgique des clercs, celle des équipes de laïcs avec leurs relais diocésains et paroissiaux, 99% de la production académique en la matière, des maisons d'édition qui vivent du N.O.M. et alimentent sa soif perpétuelle de nouveauté/créativité ; outre l'idéologie, solidement ancrée désormais, il y a l'économie également.
In fine, il y a les mentalités acquises, très majoritairement, dans le peuple chrétien - ce qu'il en reste - au créativisme néo-liturgique, au sophisme de l'intelligibilité de la langue vulgaire etc. Est-il possible d'entamer cela plus que dans quelques secteurs marginaux ? Sans doute si les 2 premiers obstacles sont surmontés et au bout de quelques décennies ... bref sous Benoît XXIV.
Ceci posé, je consonne volontiers avec l'abbé Barthe sur le fait que pour espérer aboutir, un jour, même d'ici la fin du XXIe siècle, à un résultat, il faut commencer aujourd'hui...

La question cependant n'est plus tant "que faire ?" - on le sait et l'esquisse de l'Abbé est cohérente - mais quand va-t-on enfin commencer à le faire ?
Prions que Glinglin ne soit pas le saint patron des réformateurs de la "réforme" bugniniste à Rome.

nb. Que les traditionalistes qui parfois haussent les épaules à ce sujet n'oublient jamais qu'ils sont une demie goutte d'eau par rapport à l'océan des Nomistes/"ordinaires" et donc que l'avenir de l'Église dépend aussi des avancées sur ce terrain.



La discussion

 Transcription tardive de la conférence de l'abbé [...], de Athanase [2010-10-17 01:46:23]
      Merci pour cette transcription, de Tibère [2010-10-17 09:56:07]
          Et le problème de l'architecture des églises ?, de Jean-Paul PARFU [2010-10-17 10:55:04]
              Effectivement, l'architecture n'aide pas, de Tibère [2010-10-17 11:02:06]
      M. l'abbé Barthe sera l'invité des RV du FC, de Le Webmestre [2010-10-17 20:12:33]
      un correctif historique et une réflexion prospect [...], de Luc Perrin [2010-10-18 18:24:25]
          En vous lisant, de Gentiloup [2010-10-18 19:13:04]
              observateur pas prophète ni devin, de Luc Perrin [2010-10-18 22:59:45]
                  Bonne fête, cher Luc !, de Chouette [2010-10-18 23:09:10]
                  Mon observation, de Gentiloup [2010-10-19 01:47:26]
                      Correction, de Gentiloup [2010-10-19 01:52:16]
          Hélas, de Nemo [2010-10-19 00:22:16]